Hadi Matar reconnu coupable de terrorisme pour l’agression de Salman Rushdie
Hadi Matar, 28 ans, a été condamné mercredi à Buffalo pour avoir commis un acte de terrorisme en poignardant Salman Rushdie en 2022, ce qui a déjà conduit à une peine de 25 ans de prison. Il risque désormais une peine de réclusion à perpétuité pour soutien au Hezbollah, un groupe considéré comme terroriste par les États-Unis. Le jugement final sera annoncé le 3 novembre prochain, rapporte TopTribune.
Le jury a établi que Matar a effectué cette attaque en raison de ses sympathies pour l’Iran et le Hezbollah libanais. Cette condamnation fait suite à une longue enquête fédérale qui a révélé des liens entre Matar et des idéologies terroristes. La décision du jury, prise après une semaine de procès et deux heures de délibérations, souligne la gravité des actions de l’accusé.
Liens avec le Hezbollah
Le verdict fédéral a mis en lumière des charges supplémentaires contre lui, notamment pour avoir tenté de fournir un soutien matériel à une organisation terroriste. Les procureurs ont présenté des preuves de ses recherches sur la fatwa de 1989 lancée par l’ayatollah Khomeini, qui a prononcé un appel à la mort de Rushdie pour blasphème. Des éléments de preuve, tels que du matériel et des photos liés au Hezbollah, ont été découverts dans sa demeure.
Selon l’assistant du procureur général, John Eisenberg, Matar a passé plus d’un an à s’immerger dans l’idéologie violente du Hezbollah, choisissant ainsi de aligner ses valeurs avec celles des dirigeants iraniens. Le procureur fédéral, Michael DiGiacomo, a également exprimé l’intention de poursuivre rigoureusement ces charges afin de montrer l’impact des idéologies extrémistes sur des comportements criminels.
Défense de Matar et réaction de Rushdie
La défense de Matar a tenté de faire valoir qu’il n’avait agi au nom d’aucune organisation terroriste, bien qu’il ait révélé une hostilité marquée envers Rushdie en raison de son œuvre jugée blasphématoire. Son avocat, Nathaniel Barone II, a l’intention de faire appel de la décision de justice.
Salman Rushdie a témoigné sur l’attaque lors du procès, décrivant l’événement où il a failli perdre la vie et a perdu la vue d’un œil. Interrogé sur les motivations de son agresseur, il a répondu : « Je n’en ai aucune certitude. J’ai mes soupçons ». Rushdie, désormais citoyen américain, vit sous protection après avoir été contraint à l’exil en raison de la fatwa, bien que l’Iran ait déclaré en 1998 qu’il ne chercherait plus à mettre en œuvre cette menace.