Giorgia Meloni : trois ans au pouvoir sans réelles réformes en Italie

Giorgia Meloni : trois ans au pouvoir sans réelles réformes en Italie

22.10.2025 08:04
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Giorgia Meloni célèbre ce 22 octobre ses trois années à la tête du gouvernement italien, un parcours notable dans un contexte politique souvent instable. Après Silvio Berlusconi, aucun président du Conseil n’avait connu une telle longévité. Les analystes estiment que sa capacité à éviter des bouleversements majeurs a été essentielle à sa pérennité, rapporte TopTribune.

Malgré son passé de farouche eurosceptique, Meloni a adopté une approche pragmatique en devenant un partenaire indispensable pour Bruxelles, en soutenant l’Ukraine et en s’alignant sur les positions de l’OTAN. Ses adversaires l’ont perçue comme une héritière du néofascisme, mais son adaptation a surpris par son « pragmatisme » et son « humilité », soulignant une évolution inattendue pour les commentateurs.

Giorgia Meloni récolte les fruits des mesures passées

Meloni a rapidement compris l’importance de la continuité, reconnaissant dès son arrivée la nécessité des 200 milliards du plan de relance européen. « Il n’y a pas de rupture avec le gouvernement précédent. La réussite de la dirigeante, c’est d’avoir su gérer les équilibres », explique Jean-Pierre Darnis, un expert en politique italienne. Son approche a permis de maintenir les réformes, avec des résultats tangibles : la Bourse italienne a doublé, le chômage est tombé de 7,8 % à 6 %, et le déficit public doit repasser sous la barre des 3 %.

Cependant, ces succès sont souvent attribués aux efforts des gouvernements précédents plutôt qu’à ses actions. Paolo Levi, journaliste, indique que Meloni recueille des bénéfices d’une décennie de réformes difficiles sans avoir initié des changements significatifs.

Une politique sans secousse, sans projet futur

Durant son mandat, Meloni a mis l’accent sur la « prudence, l’équilibre et la modestie ». Cette stratégie de « survie » présente toutefois des limites à long terme. Les critiques soulignent l’absence de vision claire sur des questions majeures comme la transition écologique et l’innovation. En abandonnant certaines mesures controversées, elle a réussi à obtenir de meilleures notations de la part des agences, mais cela pose la question des conséquences futures de son approche.

Darnis note également la faible activité législative de son gouvernement, avec peu de progrès sur des sujets idéologiques. Son projet d’externalisation du droit d’asile vers l’Albanie a également échoué, un revers que Beniamino Morante qualifie de « fiasco ». Face à la crise démographique, Meloni a finalement dû assouplir sa position sur l’immigration, envisageant d’accueillir 500 000 travailleurs étrangers, ce qui contraste avec ses promesses initiales.

La stabilité comme succès politique

Malgré ses choix, Meloni parvient à séduire l’électorat, son parti Fratelli d’Italia atteignant près de 30 % des intentions de vote. Les attentes étant faibles, elle tire profit d’une gestion sans catastrophes. « Elle rassure Bruxelles et les marchés financiers », observe Morante. Son approvisionnement en politique minimaliste semble porter ses fruits en termes de popularité.

Paolo Levi souligne que, contrairement à des dirigeants comme Viktor Orbán en Hongrie, Meloni a su préserver certaines normes démocratiques, se repositionnant progressivement vers le centre du spectre politique. « Elle a prouvé qu’elle était pragmatique avant d’être une néofasciste », conclut-il.

Quant à son avenir politique, les analystes estiment qu’elle a de bonnes chances d’être réélue en 2027, surtout en raison de la faiblesse de l’opposition de gauche. « Sa réussite réside dans sa capacité à renouveler la figure de la droite », affirme Darnis, tout en mettant en avant les défis qu’elle devra relever à l’avenir.

Combien de temps Meloni pourra-t-elle continuer à naviguer dans des eaux calmes ? « À un moment, il va falloir commencer à faire des vagues », prévient Francesco Saraceno.

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