Les Français préoccupés par leur poids : 61 % des femmes se jugent « trop grosses »

Les Français préoccupés par leur poids : 61 % des femmes se jugent « trop grosses »

01.07.2026 19:56
2 min de lecture

Pression croissante sur l’image corporelle en France

La préoccupation des Français concernant leur poids atteint des sommets, alimentée par des normes esthétiques contradictoires allant de l’idéal du corps parfait à la promotion de l’acceptation de soi. Selon un sondage Ifop pour Darwin Nutrition rendu public le 25 juin, 61 % des femmes en France se jugent trop grosses, un chiffre en hausse par rapport à 41 % en 2001 et 36 % en 1997, rapporte TopTribune.

Cette pression pour maintenir un poids jugé acceptable touche également les hommes, avec 48 % d’entre eux se sentant trop lourds, comparé à seulement 34 % en 2001. Parmi les femmes, 63 % expriment leur insatisfaction quant à leur poids, une augmentation par rapport à 37 % en 1998, dont 43 % affichent un indice de masse corporelle (IMC) normal.

Le ventre se distingue comme une zone de préoccupation tant pour les hommes que pour les femmes, avec 76 % des répondants souhaitant le tonifier, un chiffre qui a triplé depuis 28 % en 1979. Les hanches, cuisses et fesses demeurent cependant des préoccupations surtout féminines, 33 % des femmes désirant réduire la taille de leurs fesses contre seulement 10 % des hommes.

La pression estivale du maillot de bain

À l’approche des vacances, 46 % des femmes cherchent à perdre du poids, dont 33 % présentant un IMC normal, tandis que 30 % des hommes partagent ce désir. En tout, 38 % des Français envisagent de maigrir pour l’été, une hausse par rapport à 30 % à la fin des années 1970.

« La critique féministe du ‘corps de plage’ n’a pas su désamorcer la dynamique du ‘summer body’ qui continue d’exercer une pression sur les femmes chaque printemps, leur imposant une réflexion sur leur apparence avant l’épreuve de la plage », analyse l’Ifop.

Priorité au bien-manger

Les régimes stricts, auparavant très populaires, perdent du terrain. 85 % des interviewés souhaitant perdre du poids optent pour une alimentation plus saine sans s’imposer un régime, tandis que seulement 47 % privilégient toujours les régimes stricts. Cela pourrait indiquer un glissement vers une nouvelle forme de pression alimentaire, suggère l’Ifop : « Il semble que nous assistions à un recyclage de la culture des régimes, se manifestant sous la forme d’une injonction à l’alimentation saine, qui reste cependant fortement influencée par les normes sociales. »

71 % des personnes interrogées, femmes et hommes, prévoient d’intégrer du sport, de la gym ou de la musculation dans leurs efforts, tandis que 10 % envisagent d’utiliser des médicaments tels que le GLP-1, comme l’Ozempic.

Impact des réseaux sociaux

Les plateformes sociales contribuent à la diffusion d’images de corps minces et musclés. « Parmi les jeunes femmes de moins de 35 ans, 66 % consomment des contenus de beauté, 62 % suivent des influenceurs dans le domaine sportif et 51 % sont exposées à des images de corps ‘parfaits’ », précise l’Ifop. Cette immersion est associée à un contrôle plus accentué de leur poids : 88 % des consommateurs réguliers de contenus liés à la beauté et au fitness déclarent surveiller leur poids, contre 68 % parmi ceux qui n’y exposent pas.

Pourtant, le mouvement de body-positivisme semble avoir peu d’influence sur les comportements. 52 % des Français adhèrent à ce mouvement, un chiffre qui monte à 74 % chez les 18-34 ans. Toutefois, cette adhésion n’affecte pas la volonté de perdre du poids, avec 45 % des partisans du mouvement souhaitant maigrir, un chiffre comparable aux 46 % qui s’y opposent. « Le body-positivisme semble être davantage un marqueur identitaire qu’un véritable levier d’émancipation, au sein duquel la honte du corps reste omniprésente », conclut l’Ifop.

* Étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée par un questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès d’un échantillon de 3004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Source : Étude Ifop pour Darwin Nutrition

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