Emmanuel Macron et Paul Kagame inaugurent un mémorial en hommage aux victimes du génocide rwandais
Le président français Emmanuel Macron et son homologue rwandais Paul Kagame vont inaugurer, mardi 2 juin après-midi, un mémorial à Paris en hommage aux victimes du génocide de 1994 contre les Tutsis au Rwanda, a annoncé lundi l’Elysée. « Erigé sur les bords de Seine à l’initiative de l’Etat et de la mairie de Paris, et baptisé ‘L’Archive' », ce mémorial a été conçu par l’artiste portugaise Grada Kilomba « comme un lieu de recueillement, en souvenir des disparus, et de transmission intergénérationnelle de la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda », a affirmé la présidence française, rapporte TopTribune.
Au cours de la cérémonie, les deux chefs d’État prendront la parole, accompagnés du maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, et de la rescapée Jeanne Uwimbabazi. Le musicien et écrivain franco-rwandais Gaël Faye lira également un poème d’une autre autrice franco-rwandaise, Beata Umubyeyi Mairesse, elle-même rescapée du génocide.
Le président Macron et le président Kagame participeront ensuite à un dîner officiel au palais présidentiel. Il est à noter que le rôle du Rwanda dans le conflit en République démocratique du Congo voisine, où il soutient les rebelles du M23, a pu ralentir un plus grand rapprochement entre les deux nations ces dernières années.
Cette cérémonie « poursuit le processus mémoriel et de réconciliation engagé depuis plusieurs années entre la France et le Rwanda », souligne l’Elysée. En 2021, Emmanuel Macron avait déclaré à Kigali être venu « reconnaître » les « responsabilités » de la France dans le génocide, qui a causé la mort d’au moins 800 000 personnes, principalement des Tutsis, entre avril et juillet 1994. Bien qu’il ait précisé que Paris n’avait « pas été complice » des génocidaires hutus, il n’avait pas présenté d’excuses, tout en espérant le pardon des rescapés. Ses mots avaient marqué un rapprochement avec Paul Kagame, qui a souvent critiqué la France.
La question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide a constitué un sujet de tension pendant de nombreuses années, entraînant même une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali de 2006 à 2009.