Divergences au Rassemblement national sur la taxation des superprofits de TotalEnergies

Divergences au Rassemblement national sur la taxation des superprofits de TotalEnergies

01.05.2026 08:37
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Divergences au Rassemblement National sur la taxation des bénéfices exceptionnels

Le débat autour de la taxation des bénéfices exceptionnels de TotalEnergies souligne les divergences croissantes au sein du Rassemblement National (RN). Alors que Marine Le Pen soutient cette mesure, son collègue Jordan Bardella y est opposé. Ce dernier la considère comme « non prioritaire », tandis que Le Pen la présente comme une « mesure sociale » légitime face aux superprofits engendrés par la crise actuelle, notamment le blocage du détroit d’Ormuz dû à la guerre en Iran, rapporte TopTribune.

Avec un bénéfice trimestriel de 5,5 milliards de dollars, en hausse de 50%, TotalEnergies illustre son succès dans ce contexte difficile. Marine Le Pen évoque l’inadéquation d’une telle situation, arguant qu’il est juste de taxer une entreprise qui profite d’une conjoncture exceptionnelle. À l’opposé, Bardella critique l’idée d’inventer de nouveaux impôts dans un pays déjà frappé par un taux de prélèvements obligatoires de 46% et applaudit plutôt la décision de l’entreprise de prolonger le plafonnement des prix à la pompe.

Cette opposition croissante entre deux lignes économiques au sein du RN entraîne des tensions notables au sein du parti. Jordan Bardella, en quête d’un soutien accru du patronat, se rend régulièrement au Medef et affiche un profil plus pro-business, suscitant une certaine méfiance chez Marine Le Pen, qui prône un discours plus centré sur le social et l’État. Les récentes rencontres avec des entrepreneurs ont révélé des tonalités très différentes : Le Pen a critiqué le libre-échange et les dysfonctionnements de l’Union européenne, tandis que Bardella a affiché une sympathie manifeste pour leurs préoccupations.

Cette dynamique suscite l’agacement chez certains proches de Le Pen, qui craignent que Bardella ne se laisse entraîner vers la droite libérale, notamment à travers sa relation avec la princesse Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. D’autres, moins diplomates, s’inquiètent de ses lacunes sur des questions économiques importantes malgré son image de communicateur. Son retournement passé sur les prix plancher garantis pour les agriculteurs, initialement soutenus par le RN, et sa récente résistance à la taxation des superprofits des pétroliers ravivent ces craintes.

Malgré l’absence de Le Pen comme candidate, ses partisans estiment qu’elle restera une figure centrale lors de la campagne présidentielle, garantissant une ligne directrice. La question demeure néanmoins : qui dirigera réellement le Rassemblement National ?

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