Chirurgie du genou : la méniscectomie partielle jugée inefficace et nocive selon des chercheurs finlandais

Chirurgie du genou : la méniscectomie partielle jugée inefficace et nocive selon des chercheurs finlandais

20.05.2026 09:06
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Méniscectomie : Une pratique remise en question par une étude finlandaise

La méniscectomie, intervention chirurgicale courante pour traiter les lésions du ménisque, pourrait ne pas apporter les bénéfices escomptés et, pire, s’avérer nuisible, selon une étude publiée par des chercheurs finlandais dans le cadre de l’essai FIDELITY, rapporte TopTribune.

Dans cette étude, des patients présentant des lésions méniscales dégénératives ont été aléatoirement répartis entre deux groupes : ceux recevant une méniscectomie partielle et ceux soumis à une chirurgie simulée, incluant anesthésie et incisions, mais sans intervention thérapeutique réelle. Au total, 133 participants ont été suivis pendant jusqu’à 10 ans, présentant peu ou pas d’arthrose.

Les résultats obtenus sont alarmants : « une méniscectomie partielle n’améliore ni les symptômes ni la fonction des patients ». De plus, ceux ayant subi l’opération montrent une aggravation des symptômes, notamment une douleur accrue, une mobilité réduite, et le développement accéléré de l’arthrose, augmentant ainsi leur besoin d’interventions futures.

Les données révèlent que chez les opérés, 81 % présentent des signes d’arthrose sur les radiographies, contre 70 % pour le groupe témoin. Au bout de 10 ans, le besoin d’une chirurgie lourde est également plus fréquent : 12 % des patients opérés en nécessitent une, contre 4 % pour les autres.

Ce qui distingue l’essai FIDELITY, c’est la robustesse de sa méthodologie et la durée de suivi, offrant ainsi des résultats généralisables. Le Pr Teppo Järvinen, investigateur principal, souligne que ces observations illustrent un « renversement médical » pour une pratique répandue mais inefficace. Raine Sihvonen, co-investigateur, mentionne que la croyance selon laquelle la douleur au genou pourrait seulement être liée à une déchirure du ménisque ne résiste pas à une analyse rigoureuse.

Un changement de pratiques difficile à instaurer

Des études antérieures avaient déjà suscité des doutes sur les effets indésirables de la méniscectomie partielle, établissant un lien entre cette intervention et un risque accru d’arthroplastie ainsi qu’une probabilité de complications postopératoires plus élevée. Bien que ces nouveaux résultats soient indirects, ils coïncident avec le but recherché des essais randomisés contrôlés qui ont déjà prouvé que la chirurgie n’améliore ni les symptômes à court et moyen terme.

Malgré ces conclusions, le Dr Roope Kalske note que la méniscectomie partielle demeure largement pratiquée dans de nombreux pays. Le Pr Järvinen insiste sur la nécessité de revoir cette situation, soulignant que plusieurs organisations indépendantes recommandent l’abandon de cette procédure depuis près d’une décennie, alors que des institutions comme l’American Academy of Orthopaedic Surgeons continuent de la défendre. Ce paradoxe témoigne de la résistance à renoncer à des traitements sans efficacité prouvée.

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