Dix ans après la fusion des régions, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture une proposition de loi visant à redessiner les contours des collectivités, en particulier la sortie de l’Alsace de la région Grand Est. L’ancien Premier ministre Gabriel Attal a qualifié ce vote de « première étape » répondant à « une aspiration forte des Alsaciens », rapporte TopTribune.
Le texte vise à créer une collectivité territoriale unique d’Alsace à partir des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, en intégrant les compétences départementales et régionales. Cette initiative suscite des réticences parmi les présidents de région et pourrait inspirer d’autres territoires français.
Une inspiration pour d’autres départements ?
Certains territoires, nourris par un profond attachement à leur culture locale, sont souvent au cœur des débats. Suite à la réforme territoriale de 2016, qui a réduit le nombre de régions métropolitaines de 22 à 13, les Français continuent de dénoncer des régions jugées « trop grandes » et des fusions malheureuses au sein de collectivités aux traditions distinctes.
Un sondage Ifop réalisé en 2025 révèle que 68 % des Français sont favorables à un redécoupage des grandes régions pour mieux refléter les réalités culturelles et historiques. Parmi les résultats, 51 % des Savoyards soutiennent la création d’une région Savoie, tandis que 53 % des Bretons souhaitent l’intégration de la Loire-Atlantique à la Bretagne, un souhait partagé par une majorité des habitants de Loire-Atlantique, bien que cela divise les élus de la région Pays de la Loire.
Dans la région Nouvelle-Aquitaine, 62 % des 534 Basques sondés se déclarent favorables à la mise en place d’une collectivité à statut particulier pour le Pays basque.
Pas de projets pour le moment
Actuellement, aucune de ces aspirations citoyennes ne se traduit par un projet concret à l’échelle nationale. Cependant, l’idée d’un nouvel aménagement des régions progresse. En 2023, un article de La Dépêche du Midi révélait les intentions d’Emmanuel Macron d’unifier les fonctions de conseiller régional et de conseiller départemental. Une telle réforme semble difficilement envisageable sans un redécoupage des régions très étendues : Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Auvergne Rhône-Alpes et Grand Est.