Le Plan d’épargne retraite (PER) est désormais soumis à de nouvelles régulations fiscales introduites par la loi de finances 2026, ce qui nécessite une compréhension précise de certaines nuances pour en maximiser les bénéfices. Selon Benoît Berchebru, spécialiste en ingénierie patrimoniale, de nombreux contribuables ne réalisent pas qu’ils peuvent bénéficier de plafonds de déduction qui n’ont pas été utilisés. « Dans plus d’un cas sur trois, les clients découvrent qu’ils ont plusieurs milliers d’euros de plafond disponibles, simplement parce que personne ne leur a jamais expliqué comment le lire ni l’exploiter », rapporte TopTribune.
Modifications introduites par la loi de finances 2026
Les plafonds d’épargne retraite qui seront générés à partir du 1er janvier 2026 bénéficieront d’une extension de leur durée de report, passant de 3 à 5 ans. Il est essentiel de noter que cette disposition ne s’applique pas rétroactivement : ainsi, les plafonds établis avant 2026 continueront d’être limités à 3 ans. En d’autres termes, un plafond acquis en 2025 sera périmé à la fin de 2028, tandis qu’un plafond de 2026 sera valide jusqu’à la fin de 2031. Benoît Berchebru alerte sur les risques de confusion entre anciens et nouveaux plafonds, ce qui pourrait engendrer des erreurs de gestion temporelle.
Sur les avis d’imposition, la section dédiée au « Plafond épargne retraite » mentionne les montants encore déductibles en effectuant un versement sur un PER. En général, l’ordre d’utilisation commence avec le plafond de l’année en cours, suivi des droits plus anciens. Si aucune action n’est entreprise, les plafonds dépassés seront définitivement perdus, constituant un véritable piège financier pour les contribuables inattentifs.
Pour l’année 2025, le plafond annuel est établi à 10 % des revenus professionnels, avec des limites spécifiques à 37 680 € pour les salariés et 88 911 € pour les travailleurs indépendants. Certains profils, tels que les dirigeants en professions libérales ou ceux ayant « sauté de tranche », peuvent réaliser des économies d’impôt considérables en tirant parti de leurs plafonds non utilisés. Par exemple, un dirigeant ayant un bénéfice imposable proche de 120 000 € pourrait disposer d’environ 42 000 € de plafonds non utilisés, engendrant ainsi une économie d’impôt immédiate.
Des situations particulières, comme celles des contribuables en fin de carrière, peuvent également bénéficier d’un abattement fiscal. Cocher la case 6QR lors de la déclaration permet aux couples mariés ou pacsés de mutualiser leurs plafonds de déduction, augmentant ainsi leur capacité de déduction qui peut varier de 4 710 € à plus de 75 000 €. Cela est particulièrement avantageux lorsque l’un des partenaires a peu ou pas de revenus.
Il est crucial d’être vigilant face aux erreurs fréquentes liées à la confusion entre les anciens et les nouveaux régimes de report, ou à une interprétation inexacte du plafond prérempli sur l’avis d’imposition, souvent capable d’altérer les déductions prévues. Les contribuables dont les plafonds de 2023 se périment le 31 décembre 2026 doivent agir sans délai afin d’éviter la perte de ces précieux droits.