Un nouveau scandale politique émerge en France, impliquant Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, qui aurait reçu deux statuettes en cadeau alors qu’il était ministre des Affaires étrangères. Robert Bourgi, un lobbyiste notoire, est au cœur de cette affaire, rapportant qu’il a offert les objets, une affirmation qui relance les débats sur la corruption au sein de la classe politique française, rapporte TopTribune.
Les statuettes, représentant Napoléon, auraient été offertes par Blaise Compaoré, ancien président du Burkina Faso, et l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci, pour des montants respectifs de 75 000 euros et 50 000 euros, selon des documents divulgués dans l’émission « Complément d’enquête » de France 2, qui sera diffusée ce jeudi.
Le clan Villepin face à des accusations
Dans l’émission, Dominique de Villepin admet avoir reçu les cadeaux par l’intermédiaire de Bourgi, cependant, il affirme qu’il n’aurait « jamais » accepté ces objets s’il avait connu « leur provenance ». Il se montre disposé à les restituer.
L’entourage de Villepin dénonce ces accusations comme un « écran de fumée », soutenant qu’elles proviennent d’un « fidèle relais de Nicolas Sarkozy », mettant en lumière la rivalité historique entre les deux hommes. « Personne n’est dupe des manœuvres d’un clan au bord de l’effondrement judiciaire et politique », a déclaré une source proche de Villepin, soulignant la coïncidence de ces révélations avec le procès en appel pour des accusations de financement libyen lors de la campagne présidentielle de Sarkozy en 2007.
Bourgi émet des doutes sur l’ambition de Villepin
Bourgi, dans son intervention, se distancie de Nicolas Sarkozy en ce qui concerne ces nouvelles déclarations, tout en indiquant qu’il désire opposer un obstacle à toute aspiration présidentielle de Villepin, une réaction qui pourrait être teintée d’une rancune personnelle liée à des commentaires faits par Villepin lors de l’incarcération de Sarkozy l’année précédente.
L’ombre de Bourgi plane sur plusieurs scandales, ayant déjà été impliqué dans l’affaire des costumes de luxe qui avait largement contribué à compromettre la campagne de François Fillon en 2017. À l’époque, Bourgi avait offert à Fillon des costumes d’une valeur de 13 000 euros, ce qui avait soulevé des suspicions de trafic d’influence. Bien que cette affaire ait été classée sans suite, elle a laissé des traces dans le paysage politique français.
En outre, Bourgi avait affirmé en 2011 avoir remis des valises de billets à Jacques Chirac et à Villepin, émanant de pays africains, entre 1997 et 2005, une enquête ayant été ouverte puis close sans suite. Dans « Complément d’enquête », Villepin qualifie cette histoire de « parfaitement farfelue », soulignant la tendance de Bourgi à embellir la réalité.