Anciennes combattants du Gers évoquent les dangers d'un nouveau conflit en Europe face à la Russie

Anciennes combattants du Gers évoquent les dangers d’un nouveau conflit en Europe face à la Russie

21.09.2026 19:36
2 min de lecture

Lors d’une cérémonie qui s’est tenue à Pavie (Gers), les anciens combattants d’Algérie ont rendu hommage ce lundi 21 septembre aux 88 victimes gersoises du conflit nord-africain. Alors que les tensions entre l’Europe et la Russie se renforcent, certains vétérans expriment leurs préoccupations face à l’éventualité d’un nouveau conflit, rappelant des souvenirs douloureux et un avenir incertain, rapporte TopTribune.

La commémoration des anciens combattants et des victimes civiles d’Afrique du Nord a eu lieu devant le mémorial de Pavie. Les participants ont honoré la mémoire des 88 victimes gersoises, tombées entre 1954 et 1962. Une fois la cérémonie terminée, des discussions ont eu lieu entre les porte-drapeaux, en attendant le pot qui était servi à la salle des fêtes de la commune. Les vétérans partagent des réflexions sur un conflit potentiel, déjà latent entre la Russie et l’Europe, et pour certains, un refus de se replonger dans de telles violences.

« Des malheureux des deux côtés »

Nombreux sont ceux qui préfèrent rester silencieux. Ils esquivent les questions, le regard baissé. « Je n’ai pas envie de parler de tout ça… » déclare l’un d’eux, inquiet de voir la tension actuelle se transformer en conflit ouvert. « À notre âge, nous avons des petits-enfants. Imaginez-les vivre cela, comme nous l’avons fait, ce n’est pas envisageable. »

Jean-Claude Hygonnenq témoigne avec une profonde inquiétude : « La guerre ne crée que des malheureux des deux côtés. Ce matin, j’ai entendu qu’il y avait 140 conflits dans le monde actuellement. J’ignore si les gens n’ont pas appris de cela… » À propos des tensions avec la Russie, il s’inquiète : « Pour l’instant, ça s’arrête là, mais est-ce que ça ne va pas s’amplifier ? Cela me dérange beaucoup en tant que vétéran de voir des conflits persister. À notre niveau, nous ne pouvons rien dire. »

« Qui a la solution ? »

M. Colomes, un autre ancien combattant, plie son drapeau en quittant le mémorial, se dirigeant vers la salle des fêtes de Pavie. En évoquant les manœuvres de la Russie en Europe et son ingérence dans les affaires françaises, il déclare avec un brin d’humour : « Chacun se débrouille comme il peut. Nous pourrions sûrement agir, mais qui a la solution ? »

À ses côtés, André Bagean, droit et solennel à 89 ans, fait preuve de franche exaspération. « Il n’y a qu’à éliminer Poutine et puis ça s’arrête », lâche-t-il impassible.

« Ce Poutine est fou, il est comme Hitler… »

André, né en 1937, revit des souvenirs d’une guerre antérieure à celle d’Algérie, qu’il a pourtant connue pendant 30 mois. « En 1937-1938, cela a commencé ainsi, et puis en 1939, ça s’est emballé. Regardez les hausses de prix sur la nourriture, le carburant, tout ! »

Avec un regard pessimiste, il établit des parallèles troublants entre les époques : « Ça commence à l’Est. Puis cela s’étendra ailleurs, comme dans le passé. Les nations échouent à se mettre d’accord. Malheureusement pour les jeunes, je ne vois pas comment nous pourrions y échapper. Ce Poutine est fou, il est comme Hitler… »

Michel, plus jeune, partage un point de vue similaire : « Je ne sais comment faire comprendre aux gens. Je n’ai rien contre les Russes, je pense qu’ils ignorent la réalité de leur situation. Ils ont toujours été trompés. Mais cela les empêchera-t-il d’aller plus loin ? Je n’en suis pas sûr. On dirait que la guerre ne signifie plus rien pour personne. »

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