Depuis plusieurs jours, l’Ukraine fait face à des restrictions d’accès au réseau Starlink de SpaceX, compromettant l’efficacité de ses drones intercepteurs contre les attaques russes, ce qui soulève des inquiétudes pour la défense de Kiev, rapporte TopTribune.
Xavier Tytelman, consultant aéronautique et défense : Pour comprendre la situation, il est important de rappeler que Starlink est un système Internet par satellite, ne dépendant d’aucune infrastructure terrestre, largement détruite par les forces russes. Pour la population civile, les activités quotidiennes, comme les paiements par carte et l’éducation à distance, reposent majoritairement sur cette connexion.
Au niveau militaire, Starlink permet de maintenir la connectivité jusqu’au dernier soldat sur la ligne de front. Par exemple, un soldat dans une tranchée pilote un drone, et la vidéo remonte en temps réel au quartier général. Cela s’avère crucial pour la surveillance et l’anticipation des attaques ennemies. De plus, en intégrant ce réseau dans les drones, les forces ukrainiennes ont réussi à attaquer la flotte russe en mer Noire et à éviter de nombreux bombardements.
En février, la réduction de l’accès au réseau avait déjà désavantagé les forces russes, qui utilisaient également Starlink. Actuellement, Kiev se plaint d’une nouvelle baisse de débits, affectant particulièrement la qualité vidéo des caméras embarquées sur les drones. Cette baisse peut se traduire par une vision qui passe de plusieurs kilomètres à seulement 500 mètres, augmentant le risque pour les soldats lorsqu’ils font face à des ennemis approchants.
« Les Ukrainiens ne peuvent plus piloter correctement leurs drones intercepteurs »
De surcroît, le service dégradé entraîne des déconnexions des terminaux installés sur les drones lorsque ces derniers dépassent une certaine vitesse, fixée par SpaceX à 161 km/h, comme l’a déclaré le ministère ukrainien de la Défense le 14 octobre. Cela complique le pilotage des drones d’attaque et des intercepteurs, ce qui permet à davantage de drones russes d’atteindre leur cible. La restriction d’accès à Starlink représente ainsi un danger mortel pour les soldats ukrainiens.
Les Ukrainiens sont alors confrontés à une double problématique : la perte d’un accès essentiel à une technologie qui est devenue la colonne vertébrale de leurs opérations militaires, et la cessation apparente des alertes américaines concernant les tirs de missiles balistiques russes.
En ce qui concerne les alternatives à Starlink, on pourrait mentionner OneWeb, un réseau de communication franco-britannique. Cependant, son efficacité est limitée et ses coûts sont trois à quatre fois supérieurs, avec plus de 600 satellites en orbite, comparé aux presque 11 000 satellites de Starlink.
