Dix jours après les premiers aveux de Cédric Jubillar, des ossements ont été retrouvés le 16 juillet dans le Tarn, à l’emplacement indiqué par Jubillar pour retrouver le corps de son épouse, Delphine. Ces fouilles ont été initiées suite à une audition ayant eu lieu le mercredi précédent, où Jubillar a reconnu son implication dans la mort de sa femme et a offert de guider les enquêteurs vers la dépouille, rapporte TopTribune.
Cette découverte marque un tournant dans l’affaire, ouvrant la porte à des analyses médico-légales cruciales pour confirmer l’identité de la victime et potentiellement établir les causes de la mort. Bernard Marc, médecin légiste et auteur de Pour les morts et les vivants, a indiqué que l’identification pourrait être effectuée sous peu, tandis que la clarification des circonstances de décès pourrait nécessiter « plusieurs semaines. »
« Plus on retrouve d’os, plus on a d’indices »
Chaque fragment d’os retrouvé peut fournir des informations essentielles sur l’identité de la victime, les circonstances du décès, ainsi que le transport éventuel du corps. « Plus on retrouve d’ossements, plus on dispose d’indices, » souligne Bernard Marc. Les os longs, par exemple, peuvent aider à estimer la taille de la personne, tandis que les os des mains pourraient révéler de possibles lésions de défense.
Les fouilles sont menées avec une grande minutie. Selon les enquêteurs, le processus s’apparente à celui des archéologues : après la découverte des premiers fragments, les outils mécaniques sont remplacés par des instruments plus délicats pour éviter d’endommager les os. Avant toute manipulation, des photographies sont prises pour conserver la position exacte des découvertes, ce qui peut également donner des indices : des mains retrouvées derrière le dos pourraient suggérer un enlèvement.
Sinus frontaux, dure-mère, dents colorées en rose
Les ossements sont envoyés à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), où le processus d’identification commence. Les experts comparent les os avec des radiographies médicales antérieures ou un panoramique dentaire. « Les sinus frontaux, dont la forme est unique à chaque individu, sont aussi fiables qu’une empreinte digitale, » précise Bernard Marc.
Une fois l’identité confirmée, les spécialistes examinent les os pour déceler des traces de violences. « Malgré six ans passés sous terre, certains tissus résistants, comme les ligaments ou la dure-mère qui entoure le cerveau, peuvent encore être présents, » souligne-t-il. Une coloration de cette membrane pourrait indiquer un hématome résultant d’un choc violent à la tête. Les os peuvent également porter des marques d’entorses ou de fractures, des éléments clés pour comprendre les circonstances de la mort.
En cas d’étranglement, « des lésions peuvent être détectées sur l’os hyoïde, » explique Bernard Marc. Ce petit os en forme de U dans le cou est facilement endommagé, mais peut contenir des signes de compression. Dans certaines situations, « une coloration rosée à la base des dents » peut également indiquer une asphyxie mécanique.
Cumulées, toutes ces preuves permettront aux experts de fournir de nouvelles réponses cruciales à l’enquête.