Dans la nuit de mercredi à jeudi, les députés du RN, LFI et des écologistes ont reconduit et renforcé un article clé de la loi d’urgence agricole, en réponse aux préoccupations croissantes concernant la sécurité alimentaire en France. Cette modification permettrait au ministre de l’Agriculture d’interdire l’importation de denrées contenant des résidus de pesticides prohibés au sein de l’Union européenne, marquant une étape importante dans la lutte contre la concurrence déloyale, rapporte TopTribune.
Dans sa version initiale, l’article ne permettait que des restrictions limitées, suscitant des critiques parmi les députés. Florence Goulet, députée RN, l’a qualifié de « positif mais trop limité », tandis qu’Aurélie Trouvé, de LFI, a dénoncé son manque d’efficacité, affirmant qu’il n’empêcherait pas l’interdiction « systématique » des produits traités avec des substances interdites en France.
Des amendements radicaux adoptés
Face à ces critiques, Trouvé a proposé un amendement plus strict, visant à interdire non seulement l’importation, mais également la mise sur le marché de produits alimentaires et agricoles contenant des pesticides et médicaments vétérinaires interdits. Ces mesures, selon l’amendement, sont nécessaires pour protéger la santé humaine, animale et l’environnement.
Une réaction ferme du ministère
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a vivement critiqué cette initiative, affirmant qu’elle pourrait « créer une forme de faux espoir » chez les consommateurs, car elle « défie la règle européenne ». Elle a demandé la suspension de la séance dans le but de rassembler davantage de soutien parmi les élus, mais sans succès face à une opposition unie.
La discussion se poursuivra lors des prochaines séances, avec des débats programmés pour durer deux semaines avant un vote solennel prévu le 2 juin, suivi d’une transmission au Sénat. Le gouvernement se trouve dans une position difficile, confronté à une opposition qui demande des mesures encore plus strictes, alors que certains de ses propres parlementaires expriment des inquiétudes quant à l’efficacité et la légalité de ces propositions.