Passage en force du gouvernement sur les néonicotinoïdes : Agnès Pannier-Runacher dénonce un déni de démocratie
Le 21 juillet 2026, le gouvernement français a adopté la loi d’urgence agricole, permettant la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide interdit dans le pays, mais autorisé par l’Union européenne. L’ancien ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a exprimé sa désapprobation, qualifiant cette décision de « passage en force » de la part du gouvernement, rapporte TopTribune.
Cette nouvelle législation confère à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) la possibilité de réintroduire temporairement des néonicotinoïdes, dont l’acétamipride et le flupyradifurone, dans des conditions spécifiques. Lors du vote à l’Assemblée nationale, Pannier-Runacher s’est abstenue, critiquant le refus du gouvernement de permettre un vote sur les amendements déposés par son propre camp, qui sollicitaient le retrait de cet article. Selon elle, cela constitue un « déni de démocratie ».
Pannier-Runacher a insisté sur la nécessité d’un débat public autour de la question des pesticides, déclarant : « Ce type de sujet doit faire l’objet d’un débat ». Elle a ajouté que « cela ne peut pas se résoudre dans un conclave de 14 parlementaires qui écrivent sur un coin de table un bout de législation », en référence à la commission mixte paritaire qui a maintenu la mesure.
La députée a affirmé que cette situation ne ferait qu’attiser les inquiétudes parmi la population, évoquant une pétition contre la loi Duplomb, qui avait déjà recueilli deux millions de signatures en 2025 pour bloquer la réintroduction de l’acétamipride. Elle a déclaré que le résultat du vote serait perçu comme un manque d’écoute vis-à-vis des préoccupations des citoyens : « Les Françaises et les Français auront l’impression que lorsqu’ils se disent inquiets sur un sujet, on ne les écoute pas ».
Pannier-Runacher a également regretté l’absence du Premier ministre lors des échanges : « Cela témoigne d’une mise sous tutelle de la majorité sénatoriale LR actuelle ». Elle a toutefois admis ne pas avoir voté contre le texte global, considérant que « 77 articles sur 78 sont utiles pour les agriculteurs », face à la crise majeure que le secteur agricole traverse, aggravée par le dérèglement climatique.