Ce mardi, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a validé le budget 2026 de la métropole Aix-Marseille-Provence, récemment placé sous tutelle de l’État en raison de l’absence de vote sur son budget métropolitain, rapportent TopTribune. L’établissement, présidé par Nicolas Isnard, fait face à un déficit important, estimé à 123 millions d’euros.
Devant l’absence de décisions budgétaires, les élus ont décidé de ne pas voter, imputant le déficit à une diminution des financements étatiques. Le préfet a demandé à la Chambre régionale des comptes (CRC) d’élaborer un budget équilibré, une démarche plutôt rare, ayant été précédemment observée dans des cas comme celui du département de la Charente en 2025.
144 millions d’euros de trou
Pour couvrir les 144 millions d’euros manquants, la proposition de la CRC ne prévoit pas d’augmentation d’impôts, mais plutôt des économies estimées à 91 millions d’euros. Ces économies incluent une réduction de 30 millions d’euros du forfait octroyé à la Régie des transports métropolitains (RTM). Par ailleurs, une baisse de 53 millions d’euros de la dotation de solidarité communautaire (DSC) est également prévue, affectant les 92 communes de la métropole, avec Marseille perdant à elle seule 36 millions d’euros.
Des coupes déplorées
Lors d’une réunion tenue lundi, 82 des 92 maires de la métropole ont exprimé leur préoccupation face à ces coupes budgétaires. Bien qu’ils aient salué l’absence d’une augmentation de la fiscalité, ils ont critiqué les réductions des financements destinés aux communes. « Devant cette impasse, soit les budgets successifs raboteront année après année les politiques publiques métropolitaines, soit de nouvelles recettes devront être mobilisées », a déclaré la métropole.
Les maires ont une fois de plus demandé à l’État de déplafonner le Versement Mobilité, une taxe versée par les entreprises, actuellement fixée à 2 % pour Aix-Marseille-Provence, contre 3,20 % dans le Grand Paris. Une augmentation d’un point pourrait générer environ 220 millions d’euros de recettes supplémentaires, bien que toute modification nécessite une intervention législative. Dans un communiqué, ils insistent sur la nécessité d’une refonte des financements et des compétences de la métropole, avec le soutien de l’État.
Pas de faillite
Le préfet, quant à lui, insiste sur le fait que la métropole Aix-Marseille-Provence « n’est pas en faillite ». Il souligne que la collectivité bénéficie d’un soutien substantiel, avec 95 millions d’euros de subventions d’investissement en 2025, faisant remarquer que la dotation générale de fonctionnement (DGF) atteint 131,8 euros par habitant, comparativement à une moyenne de 84,3 euros pour les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI).