Une étude sur les supporters révèle que le stress observé pendant la Coupe d'Allemagne impacte leur santé

Une étude sur les supporters révèle que le stress observé pendant la Coupe d’Allemagne impacte leur santé

16.06.2026 20:56
2 min de lecture

Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Bielefeld a révélé que le stress des supporters du club allemand Arminia Bielefeld a significativement augmenté le jour de la finale de la Coupe d’Allemagne, le 24 mai 2025, face au VfB Stuttgart. Les chercheurs ont suivi 229 fans grâce à des montres connectées, permettant de mesurer leur fréquence cardiaque et leur niveau de stress au quotidien, montrant un niveau moyen de stress supérieur de 41 % le jour du match par rapport aux jours sans rencontre, rapporte TopTribune.

L’augmentation du stress a été ressentie plusieurs heures avant le coup d’envoi, avec des niveaux déjà plus élevés dès le matin. Ces valeurs ont continué à grimper au fil de la journée, atteignant un pic juste avant le début de la rencontre.

« On peut voir l’excitation bien avant le début du match », indique le Pr Christian Deutscher, co-auteur de l’étude. La fréquence cardiaque des supporters a également connu une hausse significative, passant d’une moyenne de 71 battements par minute lors d’une journée ordinaire à 79 battements par minute pendant la finale.

Le stade fait battre le cœur plus vite

Les résultats de l’étude soulignent également l’importance du lieu de visionnage du match. Les supporters présents dans le stade ont enregistré les réactions les plus marquées, avec une fréquence cardiaque atteignant en moyenne 94 battements par minute. En comparaison, ceux qui regardaient le match à la télévision avaient une fréquence cardiaque de 79 battements par minute, tandis que ceux rassemblés en public atteignaient 74 battements par minute.

« La présence physique semble amplifier considérablement la réaction du corps », ajoute la professeure Christiane Fuchs, coautrice de l’étude.

Les écarts de fréquence cardiaque se sont accentués lors des moments clés du match. Après le premier but marqué par l’Arminia Bielefeld, les supporters présents au stade ont vu leur rythme cardiaque grimper jusqu’à 108 battements par minute en moyenne, ce qui représente une augmentation de 36 % par rapport à ceux qui regardaient le match chez eux. Ce phénomène peut être attribué à plusieurs facteurs, tels que la proximité de l’action, l’ambiance du stade, l’énergie collective de la foule, et le partage des émotions avec d’autres supporters.

L’alcool peut renforcer les effets

Les chercheurs ont également analysé l’impact de la consommation d’alcool lors de l’événement. Parmi les supporters sondés, 50 % ont admis avoir consommé de l’alcool, un chiffre qui atteignait 65 % chez ceux présents dans le stade.

Les résultats indiquent que la consommation d’alcool entraînait une augmentation de 5,3 % de la fréquence cardiaque. Lors des moments de tension, comme les buts, cette hausse pouvait atteindre jusqu’à 11,7 %.

Les scientifiques mettent en garde contre les conséquences potentielles d’une augmentation significative du rythme cardiaque, particulièrement lorsqu’elle est associée à l’alcool, car cela peut représenter un stress supplémentaire pour le système cardiovasculaire. Des études antérieures avaient déjà signalé un risque accru d’arythmies cardiaques au cours de grands événements sportifs.

Une passion qui se mesure

Cette recherche offre une perspective nouvelle sur les effets physiques du sport sur les supporters. « Le stade est un monde complètement différent du salon », résume le professeur Christian Deutscher, coauteur de l’étude.

Selon lui, cette étude est la première à suivre plus de 200 supporters sur plusieurs semaines afin de mesurer l’impact réel du football sur leur corps. Les chercheurs ambitionnent désormais de mieux comprendre les réactions corporelles face à des événements émotionnellement intenses.

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