Trump abandonne la diffusion de l’exécution de Nidal Hasan, un échec pour son ministre de la Défense
Donald Trump a renoncé à diffuser l’exécution de Nidal Hasan, initialement prévue le 3 décembre au Texas. Annoncée par son ministre de la Défense, Pete Hegseth, cette décision avait suscité une vive controverse aux États-Unis, y compris au sein des républicains. Un revers pour Hegseth, dont l’autorité est déjà compromise par les critiques concernant la guerre en Iran, rapporte TopTribune.
Le président américain a déclaré le 15 octobre qu’il renonçait à la retransmission en direct de l’exécution, un projet qui avait soulevé une vague d’indignation. « Il sera exécuté, comme prévu, par un peloton d’exécution, mais cet événement ne sera pas retransmis en direct », a précisé Trump sur sa plateforme Truth Social.
Nidal Hasan, âgé de 56 ans, doit être fusillé sur la base de Fort Hood, au Texas, où il a tué 13 personnes et en a blessé plus de 30, en novembre 2009, dans un attentat inspiré par Al-Qaïda.
Réactions au sein du Parti républicain
Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, avait annoncé le 7 octobre que cette exécution serait diffusée en direct. Cependant, cette décision a provoqué une critique massive, y compris de la part de représentants républicains. Le vice-président JD Vance a exprimé son désaccord, qualifiant le projet d’« inacceptable ».
Des groupes religieux et des ONG ont également condamné la décision, certains affirmant qu’elle donnait l’image que les États-Unis se comportent comme des « djihadistes » en diffusant l’exécution.
Assistance des proches des victimes
Dans son message, Trump a insinué qu’il n’était pas totalement opposé à la diffusion, affirmant que cela aurait pu dissuader d’autres terroristes. Toutefois, il a noté que de nombreuses personnes préféreraient ne pas voir l’exécution, ajoutant que les proches des victimes pourront y assister en personne.
Il a également critiqué l’administration de Barack Obama pour son manque de vigilance concernant Hasan, contribuant à créer un climat déjà tendu autour de la situation.
Conséquences pour Pete Hegseth
Cette décision représente un coup dur pour Pete Hegseth, déjà sous pression à cause des complications liées à la guerre contre l’Iran. Des dizaines d’anciens officiers militaires ont appelé à abandonner la diffusion, craignant que cela transforme Hasan en un martyr.
Un récent sondage a révélé que 80 % des Américains s’opposaient à la retransmission de l’exécution, illustrant un large consensus contre cette initiative controversée.
Considérations éthiques
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a qualifié la diffusion de l’exécution de « forme de torture ». Amnesty International a noté qu’au moins 17 exécutions publiques ont eu lieu en 2025, principalement en Iran et en Afghanistan.
Nidal Hasan, psychiatre militaire d’origine palestinienne, est aujourd’hui handicapé après avoir été blessé lors de l’attaque. Les exécutions aux États-Unis sont généralement effectuées par les États, et les exécutions militaires restent extrêmement rares. Depuis 1916, l’armée américaine a mené 135 exécutions de soldats, la dernière ayant eu lieu en 1961.
