Christa Pike, âgée de 50 ans et condamnée à mort dans le Tennessee, a échappé à son exécution. Le mercredi 30 septembre 2026, l’État lui a administré deux doses de pentobarbital, un puissant sédatif sensé provoquer la mort. Cependant, cette procédure ne l’a pas fait disparaitre, rapporte TopTribune.
Pike devait devenir la première femme exécutée dans le Tennessee depuis plus de deux siècles. Suite à l’échec de l’exécution, elle a été transportée d’urgence à un hôpital près de Nashville, où elle a été placée sous assistance respiratoire dans un état critique. D’après ses avocats, elle était considérée comme en état de mort cérébrale le lundi soir, avec un débranchement de l’assistance prévu pour le lendemain.
Le mardi 6 octobre 2026, à la grande surprise de tous, Pike s’est réveillée et a commencé à parler. Son avocat Randy Spivey a expliqué aux journalistes que la situation avait été jugée désespérée la veille, mais le phénomène inattendu de son réveil a surpris tout le personnel médical.
Comme l’indique le Death Penalty Information Center, Pike pourrait être la première détenue connue à avoir survécu après avoir reçu une dose létale de médicaments d’exécution.
Un processus d’exécution chaotique
Les détails de l’exécution ont été mouvementés. À 19h30, la première dose de pentobarbital a été administrée. Quatre minutes plus tard, Pike a exprimé une douleur intense dans son bras, décrivant une sensation qu’elle aurait presque explosé, selon la journaliste Tori Gessner de la chaîne WKRN.
Au cours des trente minutes suivantes, elle a respiré bruyamment, ronflé et bougé sporadiquement. Les témoins ont partagé leur confusion face à sa survie.
Les rideaux de la chambre d’exécution ont été tirés à 19h46, puis rouverts quelques minutes plus tard, et fermés de nouveau jusqu’à 20h05, avant que les journalistes ne soient priés de quitter les lieux. Spivey a qualifié le processus d’« inhumain », alléguant que sept aiguilles avaient été insérées dans le bras de Pike, l’une d’elles semblant endommagée au moment de son extraction. Ses avocats avaient averti l’État des difficultés d’accès aux veines avant l’exécution.
Le 6 octobre 2026, bien que consciente, Pike pouvait à peine parler et ses bras étaient enflés. Son état de santé reste préoccupant. Spivey a précisé qu’elle ne pouvait pas bouger ses bras, tous deux étant extrêmement distendus, laissant planer des incertitudes sur sa récupération potentielles.
Malgré son état, Pike est restée attachée à son lit d’hôpital. Bien que le personnel médical ait demandé à enlever les entraves, cette demande a été refusée, a expliqué son avocat Luke Ihnen lors d’une audience judiciaire. L’anesthésiste Joel Zivot, désigné comme expert par la défense, a ajouté à la BBC qu’elle n’avait aucun souvenir de l’exécution avortée et croyait encore être en septembre.
Un jugement a ordonné la préservation de toutes les preuves associées à cet incident, y compris les éléments médicaux, les déchets et les enregistrements audio et vidéo. En attendant une enquête indépendante, le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a suspendu toutes les exécutions dans l’État et annulé celle qui était programmée pour 2026.
Le directeur de la prison a démissionné. Cet événement constitue le deuxième cas d’exécution ratée dans l’État en quatre mois, après l’échec subi par Tony Carruthers en mai. Le commissaire du département des corrections, Frank Strada, qui supervisait ces deux affaires, a aussi annoncé son départ.
Pike n’avait que 18 ans lorsque, avec son petit ami, elle a tué brutalement Colleen Slemmer, 19 ans, en 1995, dans un camp de formation près de Knoxville. Le corps de la victime avait été retrouvé avec un pentagramme gravé sur la poitrine, attirant ainsi l’attention médiatique nationale.
Ses avocats avaient plaidé pour sa grâce en évoquant son jeune âge au moment des faits ainsi que des abus sexuels qu’elle aurait subis dans son enfance, et un syndrome de stress post-traumatique. L’affaire a relancé le débat sur la peine de mort aux États-Unis, notamment concernant son application vis-à-vis des jeunes délinquants.
May Martinez, la mère de Colleen Slemmer, a assisté à la tentative d’exécution. Elle a exprimé son ressentiment en affirmant que Pike n’avait jamais présenté d’excuses pour la mort de sa fille, et qu’elle espérait enfin que la justice soit rendue.
