Benoît Mathieu, ingénieur de formation devenu professeur, parcourt actuellement la France à vélo depuis le 30 mars pour convaincre 500 maires de le parrainer lors de l’élection présidentielle de 2027. À seulement 27 ans, il prône une démocratie participative sans programme traditionnel. Depuis le début de son périple, il a déjà visité près de 160 mairies et poursuit son voyage dans le Lot du 4 au 8 août, rapporte TopTribune.
Ce mardi 4 août, chez la petite mairie de Carennac, son t-shirt à manches longues attire l’attention. « Tous mes vêtements sont sales », plaisante-t-il. Sa première nuit dans le Lot marque un moment clé avant un rendez-vous matinal à Floirac.
Benoît Mathieu, ingénieur en agroalimentaire et professeur contractuel de mathématiques, a décidé d’entreprendre un voyage unique à travers la France, visant à rassembler un soutien citoyen pour sa candidature présidentielle. “J’ai vu qu’on n’avait pas besoin d’un parti politique. Il fallait simplement avoir 18 ans et obtenir 500 parrainages”, explique-t-il. Son itinéraire de douze mois le conduit à travers de nombreuses communes avec des mairies sans étiquette politique situées à proximité de son parcours. Il choisit de voyager à vélo pour encourager les rencontres. “C’est un moyen de transport assez lent qui permet la rencontre. J’ai besoin d’avoir une vision large des attentes et des ressentis des gens”, confie-t-il.
Benoît Mathieu face au maire de Floirac
À Floirac, une commune d’environ 270 habitants, il présente ses idées à Alexandre Barrouilhet, le maire, qui accueille sa démarche avec curiosité. “Quand vous m’avez dit : ‘Je veux me présenter à la présidentielle’, je me suis dit : ‘C’est quoi cet hurluberlu ?’”, admet-il en souriant. Mathieu insiste sur la nécessité de remettre les citoyens au cœur des décisions politiques. « Il faut vraiment remettre la démocratie au centre du débat et trouver les meilleures façons de rendre le pouvoir aux citoyens », propose-t-il.
Il refuse de se situer sur l’échiquier politique traditionnel et prône un « rejet de toute la classe politique ». “Je mets les conventions citoyennes au centre du débat, ça vise à donner la parole à tout le monde”, précise-t-il. Barrouilhet, bien qu’en accord sur la nécessité d’impliquer les citoyens, nuance : « On voit bien qu’on arrive à bout de souffle d’un système. Les citoyens doivent se réapproprier la chose publique, mais pas par défiance, plutôt par accompagnement. » Concernant les conventions citoyennes, il souligne qu’elles nécessitent un certain niveau de compréhension du cadre législatif.
Un projet sans programme traditionnel
Mathieu présente un projet sans programme classique, affirmant : “Je n’ai pas de programme économique, sécuritaire ou écologique. Je dis simplement que toutes ces choses-là doivent être décidées par les citoyens, de la façon la moins biaisée possible.” Malgré son enthousiasme, le maire de Floirac, bien que touché par sa démarche, annonce qu’il a déjà promis son parrainage à un autre candidat. Cependant, il lui révèle : “Je vous remercie pour votre démarche. On a besoin de jeunes qui s’engagent comme vous le faites.”
De ses 160 visites dans des mairies, près de 130 élus ont exprimé leur volonté de recontacter Mathieu au moment des parrainages, prévus pour février prochain. “C’est carrément chouette comme résultat, je suis assez content. C’est encourageant”, déclare-t-il, conscient que la probabilité de réussir son défi reste “très faible”. Après Floirac, il poursuivra son itinéraire à travers le Lot jusqu’à ce week-end, rencontrant des communes comme Creysse, Saint-Sozy et Rocamadour. Avec encore sept mois devant lui, il espère rassembler les 500 parrainages nécessaires pour se lancer dans la course à l’Élysée.