Emmanuel Macron a défendu jeudi « le gros travail qui a été fait » contre le réchauffement climatique, tout en soulignant l’exceptionnalité de la canicule actuelle. « Il y a un gros travail qui a été fait et je pense que l’honnêteté conduit à le regarder », a-t-il déclaré lors d’un sommet à Antibes avec Giorgia Meloni, rapporte TopTribune.
Cependant, pour le chef de l’État, cette vague de chaleur dépasse ce qui avait été anticipé. « On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et qui n’a jamais eu d’équivalent dans notre histoire », a-t-il ajouté, évoquant « un pic caniculaire qui dure aussi longtemps et qui est à 15 degrés au-dessus des normales saisonnières ». Ce constat sert à justifier les limites de l’anticipation.
Macron a également déploré « plutôt les choix qui ont été faits » depuis la dissolution, alors que les crédits alloués au Fonds vert sont passés de 2,5 milliards d’euros en 2024 à 837,5 millions en 2026. « On ne s’adapte pas à un pic qui n’a pas d’équivalent aujourd’hui en Europe et […] dans notre histoire », a-t-il également affirmé.
Mobilisation maximale du système de santé
Sur le terrain, la réponse s’intensifie. Sébastien Lecornu a activé le plan Orsan au niveau 3, le plus élevé, afin de garantir la durabilité du système de santé. Ce dispositif vise à « renforcer les effectifs hospitaliers » grâce à la réserve sanitaire, « d’assurer la coordination » entre hôpitaux, médecine de ville et cliniques, et « d’adapter » les activités si nécessaire.
Localement, des déprogrammations d’opérations non urgentes pourraient ainsi être décidées. « Notre objectif reste le même depuis le premier jour : permettre à notre système de santé de tenir dans la durée et protéger les plus vulnérables », insiste Lecornu. Les autorités craignent également des effets différés sur les patients fragiles, qui peuvent survenir plusieurs jours après le pic de chaleur.
Un exécutif sous pression
Cette situation politique survient dans un contexte de critiques. Le gouvernement est accusé de ne pas avoir suffisamment anticipé une telle crise. Lecornu a répondu directement dans un courrier aux maires, dénonçant les « inspecteurs des travaux finis » qui accusent l’exécutif de n’avoir « rien fait pour adapter le pays au changement climatique ».
Le Premier ministre admet néanmoins les limites de l’action engagée. « Beaucoup a été fait », affirme-t-il, tout en reconnaissant que « beaucoup reste à faire, et nous devons désormais aller plus vite, avec méthode et pragmatisme », notamment avec le soutien des collectivités locales, qui sont en première ligne face aux effets de la chaleur. Le gouvernement souhaite éviter un nouveau scénario similaire à celui de 2003, qui avait causé 15.000 morts. Parmi les mesures envisagées, la mobilisation des facteurs de La Poste pour « effectuer des visites de repérage » auprès des personnes âgées ou isolées est à l’étude, afin de « détecter une situation préoccupante ».