Une fondation hongroise attribue un marché de nourriture animale à Happy Dog
Une fondation hongroise attribue un marché de nourriture animale à Happy Dog

Une fondation hongroise attribue un marché de nourriture animale à Happy Dog

31.08.2026 22:05
3 min de lecture

Une fondation hongroise financée par l’État a attribué un marché portant sur 116 tonnes de nourriture pour animaux à Alpha-Vet, distributeur de la marque Happy Dog, après un appel d’offres dont les exigences techniques semblaient correspondre à un seul produit. L’affaire a été signalée le 30 août 2026 par le quotidien Népszava, rapporte TopTribune.

Le marché a été lancé par la fondation Közös ügyünk az állatvédelem Alapítvány, une structure consacrée à la protection animale qui a reçu plusieurs milliards de forints de financements publics pendant les années de gouvernement du parti Fidesz, dirigé par Viktor Orbán. Les documents de la procédure comportaient des critères particulièrement détaillés sur la composition du produit recherché.

Les spécifications mentionnaient notamment une part minimale de cranberries et de tomates séchées dans les aliments destinés aux animaux. Selon les informations rapportées, ces exigences correspondaient au produit Happy Dog, commercialisé par Alpha-Vet. La société a remporté la procédure.

Un seul dossier jugé recevable

Un deuxième participant avait présenté une offre pour le même type de nourriture. Celle-ci a toutefois été déclarée invalide par la fondation. Le choix final s’est donc effectué à partir d’une seule candidature considérée comme recevable, alors que le cahier des charges avait déjà retenu des caractéristiques très précises du produit.

Cette configuration est au centre des interrogations soulevées par l’ancien député indépendant Ákos Hadházy. Celui-ci estime que les éléments disponibles pourraient relever d’une suspicion de fraude dans les marchés publics. Il ne présente pas cette qualification comme une décision judiciaire, mais demande que les conditions de la procédure soient examinées.

Le dossier porte ainsi sur les critères imposés, la validité de l’offre concurrente et le rôle joué par les responsables de la fondation. La question est de déterminer si les exigences techniques répondaient à un besoin objectivement défini ou si elles limitaient la concurrence au bénéfice d’un produit et d’un fournisseur déterminés.

Le rôle du ministre mis en cause

L’affaire comporte également un volet institutionnel. László Gajdos, ministre chargé de l’environnement et du vivant, a ordonné un audit de la fondation. Or, il avait lui-même été membre du conseil de surveillance de Közös ügyünk az állatvédelem Alapítvány.

Ákos Hadházy a évoqué un possible conflit d’intérêts. À ses yeux, la situation donne l’impression que le ministre demande un contrôle d’une organisation dont il a auparavant participé à la gouvernance. Cette appréciation concerne la compatibilité entre ses anciennes fonctions au sein de la fondation et la décision actuelle de lancer un audit.

Le ministre a ordonné cette vérification alors que les conditions du marché public de nourriture animale faisaient déjà l’objet d’interrogations publiques. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir, à ce stade, ce que László Gajdos savait des procédures d’achat lorsqu’il siégeait au conseil de surveillance, ni s’il avait participé à une décision liée à cet appel d’offres.

Cette absence d’éléments établis est précisément l’un des points mis en avant par l’ancien député. Il demande que soient clarifiées la chronologie des responsabilités, les procédures internes de la fondation et les éventuels liens entre sa gouvernance et la passation du contrat conclu avec Alpha-Vet.

Une procédure sous examen

La controverse ne porte pas uniquement sur la marque choisie. Elle concerne aussi le recours à des paramètres très spécifiques dans le cahier des charges, notamment la présence de cranberries et de tomates séchées en proportions minimales. De tels critères ont été présentés comme compatibles avec le produit Happy Dog et avec l’offre déposée par Alpha-Vet.

Le fait que la seconde proposition ait été invalidée a réduit la concurrence effective au stade final de la procédure. Le dossier ne précise pas, dans les éléments disponibles, pour quelle raison cette offre a été écartée ni si la décision a fait l’objet d’un recours. Ces points devront être établis par les documents de la fondation ou par les autorités compétentes.

La fondation Közös ügyünk az állatvédelem Alapítvány se retrouve donc au centre de deux questions distinctes : la régularité de l’appel d’offres et la portée du contrôle demandé par le ministre. La première porte sur l’achat de 116 tonnes de nourriture. La seconde concerne la position de László Gajdos, ancien membre de son conseil de surveillance et désormais à l’origine de l’audit.

Les faits rapportés ont alimenté les accusations politiques visant les structures liées à l’ancienne majorité hongroise, mais ils ne constituent pas à eux seuls une condamnation ni la preuve définitive d’une infraction. La qualification de la procédure dépendra des vérifications administratives et, le cas échéant, des suites données par les autorités judiciaires.

À ce stade, Alpha-Vet demeure l’entreprise déclarée gagnante de la procédure, tandis que la fondation fait l’objet d’un audit ordonné par le ministère dirigé par László Gajdos.

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