Avec l’augmentation de l’espérance de vie et le besoin croissant d’un complément de revenu à la retraite, le Plan d’Épargne Retraite (PER) attire de nombreux épargnants. Introduit par la loi Pacte, il séduit par sa flexibilité et ses avantages fiscaux. La question fondamentale est donc : quel montant doit-on placer pour obtenir une rente viagère de 1 000 € bruts mensuels à la retraite ?, rapporte TopTribune.
Fonctionnement et avantages du PER
Le PER fonctionne comme un contrat d’assurance-vie ; il permet d’investir dans des fonds en euros ainsi que dans des unités de compte. L’avantage fiscal notable provient de la déduction des versements du revenu imposable, qui est limitée à 10 % des revenus professionnels. Cela engendre une réduction de l’impôt sur le revenu à court terme. Cependant, les fonds sont souvent immobilisés jusqu’à la retraite, sauf dans des situations particulières comme l’achat de la résidence principale ou certains événements de la vie.
À l’âge de la retraite, deux options s’offrent à l’épargnant : retirer le capital accumulé ou le convertir en rente viagère, garantissant un revenu régulier jusqu’à la fin de sa vie. Comme le souligne Benjamin Pedrini, cofondateur et directeur général d’Epsor, « l’avantage de la rente réside dans sa capacité à fournir un revenu récurrent, stable et prévisible. »
Calcul du capital selon l’âge de prise de retraite
Pour percevoir 1 000 € par mois sous forme de rente viagère, il est nécessaire d’accumuler un capital déterminé durant la vie active. Ce montant varie considérablement en fonction de l’âge de départ à la retraite, donnant les fourchettes suivantes :
- Départ à 62 ans : entre 333 000 € et 375 000 € ;
- Départ à 65 ans : entre 300 000 € et 343 000 € ;
- Départ à 67 ans : entre 279 000 € et 316 000 €.
Ces montants dépendent des tables actuarielles ainsi que des taux de conversion appliqués par les assureurs. La transformation du capital en rente tient également compte de l’espérance de vie nette au moment du départ à la retraite. Plus la conversion est différée, plus le taux de conversion est, en général, avantageux. Comme le rappelle Benjamin Pedrini, « il n’existe pas de formule universelle, cela dépend des assureurs, de l’épargne accumulée, ainsi que de l’âge auquel vous souhaitez convertir votre capital en rente viagère. »
Stratégies d’épargne en amont
Pour atteindre le capital requis, il est crucial d’établir une stratégie d’épargne. Cette préparation financière est essentielle pour de nombreux Français qui considèrent le PER comme une priorité pour leur avenir. Prenons un exemple avec l’objectif d’accumuler 320 000 € en supposant un rendement moyen de 5 % par an. Le montant à épargner chaque mois dépendra de l’horizon de placement :
- Si vous commencez 25 ans avant la retraite : environ 540 € par mois ;
- Si vous débutez 20 ans avant la retraite : environ 780 € par mois ;
- Si vous commencez 15 ans avant : environ 1 200 € par mois.
Pour une période d’investissement supérieure à dix ans, il est conseillé d’investir la majeure partie dans des unités de compte pour maximiser le rendement. Toutefois, attention aux frais : certains contrats peuvent imposer jusqu’à 5 % de frais sur les versements et des frais de gestion annuels dépassant 2 %. Ces variations peuvent représenter des milliers d’euros de coûts supplémentaires sur plusieurs décennies.
Points clés sur la fiscalité
La fiscalité applicable au PER est conditionnée par la manière dont les versements ont été pris en compte au moment de leur versement. Les réformes fiscales peuvent impacter l’attrait du PER, surtout pour les retraités disposant de revenus élevés. Si les versements ont été déductibles du revenu imposable, la rente sera par la suite imposée comme une pension de retraite avec un abattement de 10 % avant d’appliquer le taux marginal d’imposition. Les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent aussi. Si les versements n’ont pas bénéficié de déduction à l’entrée, la fiscalité sur la rente sera plus favorable, bien que les prélèvements sociaux demeurent dus.