Les troubles de santé mentale chez les enfants en France : une étude révèle des résultats préoccupants
Les résultats préliminaires de l’étude Enabee, une enquête épidémiologique nationale sur la santé mentale des enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France, indiquent que 13 % des enfants en élémentaire (âgés de 6 à 11 ans) présentent au moins un trouble mental probable tel qu’un trouble émotionnel, un trouble oppositionnel ou un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité, rapporte TopTribune.
Les nouvelles analyses, publiées le 2 juin, mettent en lumière plusieurs facteurs associés à ces troubles. Certains profils sont plus exposés, notamment les garçons, les enfants souffrant de maladies chroniques ou ceux dont la mère a rencontré des complications durant la grossesse.
L’impact du Covid
Les difficultés scolaires, les événements de vie difficiles (deuil, agression, placement) et certaines situations familiales fragiles (comme des conflits parentaux ou des difficultés financières) sont liés à une fréquence accrue de troubles. L’étude souligne aussi l’impact durable de la pandémie de Covid-19, indiquant que les enfants ayant vécu un confinement difficile ou évolué dans un climat familial anxiogène présentent plus souvent des signes de mal-être.
Adolescents : des progrès, mais une souffrance encore présente
Concernant les adolescents, les données de l’étude EnCLASS (enquête nationale sur la santé et les substances dans les collèges et lycées) révèlent un tableau contrasté. Après une dégradation entre 2018 et 2022, certains indicateurs montrent une amélioration. En 2024, 82 % des collégiens et 78 % des lycéens déclarent être en bonne santé et satisfaits de leur vie. Le bien-être mental progresse, alors que le sentiment de solitude diminue.
Cependant, ces indicateurs coexistent avec des signaux persistants de souffrance psychique : près d’un collégien sur deux rapporte des difficultés psychologiques fréquentes, telles que la nervosité, l’irritabilité ou le sentiment de déprime. Parmi les lycéens, 19 % présentent un risque élevé de dépression, avec des symptômes comme la fatigue, le découragement ou des troubles de la concentration. Les adolescentes sont systématiquement plus touchées, avec des écarts qui se creusent au fil de la scolarité.
Les idées suicidaires concernent encore un lycéen sur cinq, bien que ce chiffre soit en légère baisse par rapport à 2022. En revanche, les tentatives de suicide au cours de la vie sont en hausse.
Prévenir et agir : des outils en développement
Face à ces constats, les autorités sanitaires soulignent la nécessité de renforcer la prévention et la promotion de la santé mentale dès le plus jeune âge. Parmi les leviers prioritaires, le développement des compétences psychosociales (CPS) à l’école est essentiel. Ces compétences, telles que la gestion des émotions, l’empathie ou la capacité à résoudre des conflits, contribuent à un environnement scolaire plus protecteur et inclusif.
Des dispositifs sont mis en place pour informer, accompagner et orienter les familles et les professionnels. Des plateformes comme CléPsy ou Psycom offrent des ressources pédagogiques pour mieux comprendre les troubles psychiques et le moyen d’agir. L’accès aux soins est également facilité grâce à l’initiative Mon soutien psy, qui permet aux enfants dès 3 ans de consulter un psychologue.
Pour les adolescents, des services d’écoute anonymes et gratuits existent. Le Fil Santé Jeunes, accessible quotidiennement, offre un espace d’échange avec des professionnels, ainsi qu’un site internet proposant informations, chat et orientation vers des structures d’aide. Enfin, en cas de détresse aiguë ou d’idées suicidaires, le numéro national 3114 est disponible 24 heures sur 24, offrant un service gratuit et confidentiel pour les jeunes et leur entourage.