Chaque seconde, la dette fédérale américaine augmente d’environ 90 000 dollars. Chaque minute, cela représente 5,4 millions. Journalièrement, elle atteint 7,8 milliards. Ces chiffres colossaux peuvent sembler abstraits, mais derrière ces montants se cache une réalité économique tangible : la dette fédérale a récemment dépassé le cap historique des 40 000 milliards de dollars, un seuil atteint le 18 août 2026, interrogeant la viabilité du système fiscal américain, rapporte TopTribune.
La vitesse inquiétante de l’endettement
Entre mars et août 2026, la dette a connu une augmentation de 1 000 milliards de dollars en seulement cinq mois. Cela équivaut à une hausse quotidienne d’environ 6,6 milliards, soit 276 millions par heure. En d’autres termes, durant la durée nécessaire pour lire cet article, la dette des États-Unis augmentera de plusieurs millions. Margaret Spellings, présidente du Bipartisan Policy Center, exprime une préoccupation croissante : « Notre trajectoire fiscale actuelle est clairement insoutenable, et c’est le meilleur des scénarios. Une disruption causée par l’intelligence artificielle, une récession, un conflit mondial ou un autre événement pourrait rapidement nous plonger d’une simple difficulté à une crise véritable. »
Une histoire de 45 ans d’endettement croissant
Le cap des 1 000 milliards de dollars de dette fédérale a été franchi pour la première fois en 1981, engendrant déjà des inquiétudes parmi les économistes. Pourtant, il a fallu près de deux siècles à la jeune république américaine pour atteindre cette somme astronomique. Quarante-cinq ans plus tard, la dette a été multipliée par quarante.
À l’entrée de Donald Trump à la présidence en janvier 2017, la dette s’élevait à 19 950 milliards de dollars. Neuf ans et demi plus tard, ce montant a plus que doublé. Cette rapide évolution s’explique par plusieurs facteurs : la loi sur les réductions d’impôts et les emplois de 2017, qui a considérablement diminué les recettes fiscales, les dépenses de relance dues à la pandémie de COVID-19 (qui représentent environ un tiers de l’augmentation totale), et plus récemment le One Big Beautiful Bill Act, promulgué lors du second mandat de Trump, qui devrait augmenter notre endettement de 4 700 milliards selon les prévisions du Congressional Budget Office.
Le 18 août 2026 représente un moment charnière, la dette atteignant précisément 40 047 milliards de dollars, se décomposant en 32 266 milliards en titres du Trésor détenus par le public et 7 782 milliards de dettes intra-gouvernementales. Depuis le retour de Trump à la présidence en janvier 2025, la dette a gonflé de 3 800 milliards. Michael Peterson, directeur de la Peter G. Peterson Foundation, met en garde : « Si cette tendance se poursuit, nous pourrions atteindre 50 000 milliards dans seulement six ans. Pour rappel, nous étions à 20 000 milliards il y a moins de dix ans. Nous risquons réellement de compromettre notre économie et l’avenir de notre pays. »