Près de 700 000 victimes du piratage des impôts en France : une crise de cybersécurité à gérer

Près de 700 000 victimes du piratage des impôts en France : une crise de cybersécurité à gérer

20.08.2026 08:16
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Réunion de crise sur le piratage des données fiscales

Sébastien Lecornu a convoqué le lundi 17 août 2026 une réunion de crise à propos d’un piratage informatique sophistiqué contre l’administration fiscale, suscitant des inquiétudes dans l’opinion publique et des critiques au sein de la classe politique, rapporte TopTribune.

La cellule interministérielle de crise (CIC), présidée par le chef du gouvernement, se tiendra dans l’après-midi, après son déplacement matinal en Gironde pour soutenir les victimes des incendies historiques de cet été.

Cette réunion, menée via visioconférence sécurisée, vise à coordonner les actions des ministères concernés face à la gravité de la situation.

Un piratage touchant plus de 678 000 contribuables

À partir de ce lundi, particuliers et entreprises victimes de cette intrusion informatique commenceront à être informés, avec un total d’au moins 678 000 contribuables touchés, selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Sébastien Lecornu s’assurera lors de cette réunion que les réponses appropriées puissent être mises en œuvre efficacement.

« Les usagers concernés seront contactés individuellement à compter de lundi 17 août, avec le détail des données susceptibles d’avoir été exposées et les mesures de vigilance à adopter », a précisé son administration.

Nature des données dérobées

Les données volées incluent des informations sensibles telles que noms, prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source pour les particuliers, selon Amélie Verdier, directrice générale des finances publiques.

Pour les entreprises, les données compromises sont considérées comme moins sensibles et incluent le numéro d’identification Siren et l’adresse de l’entreprise. Verdier a reconnu que ses services avaient fait face à une attaque plus sophistiquée que les précédentes.

Demandes d’enquête pour identifier les failles

Les services du Premier ministre rappellent la « doctrine constante » adoptée pour ce type d’incidents : « détecter et interrompre, poursuivre, informer, renforcer ». Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « extraction frauduleuse de données » et « association de malfaiteurs ».

L’ampleur de ce piratage soulève des questions sur la sécurité des systèmes d’information de l’État, rappelant plusieurs incidents récents ayant visé des organismes publics tels que l’Insee et l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS).

Les sénateurs socialistes ont demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire pour vérifier l’existence de « vulnérabilités communes » après une succession d’incidents.

Appels à une « forteresse numérique »

Bruno Retailleau, candidat à la présidentielle et représentant du parti Les Républicains, a exprimé des inquiétudes sur Twitter, déclarant que la France est « le 2e pays au monde le plus touché par les cyberattaques ». Il a plaidé pour un plan Vauban pour construire une véritable forteresse numérique afin de protéger les données des citoyens.

Vers une nouvelle gouvernance numérique de l’État

Matignon a indiqué que la réunion de lundi a pour but de faire le point sur la mise en œuvre d’un plan de sécurisation cyber lancé le 30 avril, visant à établir une nouvelle gouvernance numérique de l’État et à renforcer les ressources disponibles.

« Les administrations françaises sont, comme l’ensemble des grandes organisations publiques et privées en Europe, la cible d’attaques informatiques dont le nombre et la sophistication augmentent », ont déclaré les services de Lecornu.

Avec AFP

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