La ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, s’est rendue en Algérie le 8 mai 2026, à l’occasion des commémorations des massacres de Sétif, un événement marqué par une répression violente des autorités françaises ayant causé entre 15 000 et 30 000 morts, selon de nombreux historiens, rapporte TopTribune.
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Lors de ces commémorations, le gouvernement français a présenté la visite d’Alice Rufo comme un geste de « vérité » et une tentative de relancer le dialogue franco-algérien, alors que les relations entre Paris et Alger restent marquées par des tensions récurrentes.
1 Que s’est-il passé le 8 mai 1945 à Sétif ?
Le 8 mai 1945, à Sétif, lors des célébrations de la victoire contre le nazisme, environ 7 à 8 000 Algériens se rassemblent, brandissant des banderoles proclamant « Algérie libre, Algérie indépendante ». L’apparition d’un drapeau algérien, interdit par les autorités coloniales, provoque l’ire d’un commissaire qui tente de le faire abaisser. Le porteur de ce drapeau, âgé de 20 ans, refuse et est abattu. Cet acte déclenche une série de violentes échauffourées.
Les événements sont évoqués par l’écrivain Yassine Kateb, qui, à cette époque, avait 15 ans. Dans le documentaire « Déjà le sang de Mai ensemençait Novembre« , il se souvient de la confusion régnante parmi les manifestants. « On ne pouvait pas bien comprendre ce qui se passait, mais on voyait bien que c’était très grave. »
« On ne pouvait pas bien comprendre ce qui se passait, mais on voyait bien que c’était très grave. »
L’écrivain Yassine Katebdans un documentaire
Les manifestants s’enfuient, certains d’entre eux agressant les Français. Au total, 21 Français sont tués, et les répercussions conduisent à une répression sanglante de la part des forces françaises, avec des arrestations massives et des bombardements, incluant des frappes aériennes à partir du 9 mai 1945.
2 Quel est le bilan humain de ces représailles sanglantes ?
Le bilan humain des violences du 8 mai 1945 reste controversé. Les autorités françaises parlent de 1 000 à 1 500 morts, tandis que les historiens algériens évoquent 45 000 victimes, et de nombreux experts contemporains estiment que le nombre se situe entre 15 000 et 30 000. Les images de ces événements sont rares, et en 1945, Les Actualités françaises minimisent l’incident en le qualifiant de « regrettables incidents ».
3 Comment a évolué la position française ?
La position de la France a progressé au fil des ans. En 2012, François Hollande reconnaissait, depuis le Parlement algérien, que « le 8 mai 1945, le jour même où le monde triomphait de la barbarie, la France manquait à ses valeurs universelles. » Toutefois, dans le communiqué publié à l’occasion des commémorations de cette année, le terme « massacre » n’est pas utilisé; Alice Rufo commémore plutôt « les événements tragiques qui ont eu lieu le 8 mai 1945 ».