La Russie déploie des paramilitaires sur sa flotte fantôme pour des missions de renseignement en Europe
La Russie déploie des paramilitaires sur sa flotte fantôme pour des missions de renseignement en Europe

La Russie déploie des paramilitaires sur sa flotte fantôme pour des missions de renseignement en Europe

11.06.2026 11:15
2 min de lecture

Le Kremlin a intégré des membres de groupes paramilitaires russes à bord des pétroliers de sa « flotte fantôme » pour assurer leur sécurité et mener des opérations de renseignement dans les eaux européennes, rapporte TopTribune.

Selon des informations publiées le 9 juin 2026 par le site spécialisé Maritime Executive, des individus en uniforme, qui ne font pas partie de l’équipage mais disposent d’une autorité à bord, sont présents sur plusieurs navires. Beaucoup sont d’anciens militaires, notamment des vétérans des conflits en Tchétchénie et en Syrie. Leur mission consiste à veiller à ce que le navire ne dévie pas de sa route, même contre les ordres du capitaine ou les exigences de l’OTAN, à fournir des rapports quotidiens sur l’état du navire et le comportement de l’équipage, ainsi qu’à surveiller les conversations des marins et leurs contacts.

Un mécanisme de contrôle au-dessus du capitaine

Ce système permet à la Russie d’utiliser des marins étrangers sur les navires de sa flotte fantôme tout en conservant un contrôle strict via quelques citoyens russes. La présence de ces hommes armés, qui se placent au-dessus du capitaine, viole les normes internationales de navigation et compromet la sécurité des transports maritimes, selon des experts cités par les enquêteurs.

La flotte fantôme russe regroupe environ 1 500 vieux pétroliers à la structure de propriété opaque. Le Kremlin les utilise pour exporter son pétrole en contournant les sanctions de l’Union européenne et des États-Unis. Pour tarir cette source de financement de la guerre en Ukraine, l’UE met régulièrement à jour ses paquets de sanctions, inscrivant des dizaines de ces navires sur des listes noires. Les sociétés exploitantes étrangères sont également visées.

L’affaire du Boracay et les drones au-dessus du Danemark

Les pays européens ont renforcé leurs patrouilles navales pour intercepter ces pétroliers. En septembre 2025, la France a saisi le pétrolier Boracay. Il est apparu plus tard que deux agents des services spéciaux russes se trouvaient à son bord. Employés par la société privée russe Moran Security Group, ils étaient chargés de la sécurité du navire, de la surveillance de l’équipage et de la collecte de renseignements.

Le Boracay est également lié à des vols de drones au-dessus du Danemark en 2025, notamment près de grands aéroports et de sites militaires, ainsi qu’à une série de violations de l’espace aérien de plusieurs pays européens. Cette affaire illustre la double fonction de la flotte fantôme : contourner les sanctions et mener des opérations hybrides.

25 milliards de dollars de revenus supplémentaires pour le Kremlin

Selon des estimations d’experts, ces schémas ont rapporté à la Russie environ 25 milliards de dollars de revenus supplémentaires au cours des deux dernières années. Le maintien des recettes énergétiques permet à Moscou de continuer à financer la guerre contre l’Ukraine. La flotte fantôme n’est plus seulement un mécanisme économique : elle est devenue un élément d’une stratégie hybride qui combine transport commercial, renseignement et actions de déstabilisation.

Pour l’Europe, la lutte contre ces navires représente un défi double : elle affaiblit l’efficacité du régime de sanctions et crée un levier de pression hybride, où l’activité commerciale sert de couverture à des opérations de sabotage et de renseignement. La réponse européenne doit donc être envisagée non seulement comme un outil de pression économique, mais aussi comme une question de sécurité collective pour l’UE et l’OTAN.

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