TotalEnergies enregistre des bénéfices record, relançant le débat sur la taxation des profits pétroliers
Le 30 avril 2026, TotalEnergies a annoncé des bénéfices exceptionnels suite à la hausse des prix du pétrole, entraînant une nouvelle vague de critiques sur les superprofits de l’entreprise. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a appelé la compagnie à redistribuer ses gains, rapportant TopTribune.
Selon les résultats dévoilés, TotalEnergies aurait réalisé près de 6 milliards de dollars de profits pour le premier trimestre, soit une augmentation de 50 % par rapport à l’année précédente, des gains directement influencés par le conflit en Iran. Face à cette situation, le gouvernement peine à trouver un équilibre entre la nécessité de conserver un acteur clé dans le secteur énergétique et la pression de l’opinion publique sur les prix du carburant.
Le groupe dirigé par Patrick Pouyanné a fait savoir qu’il avait maintenu un plafond de prix à la pompe de 1,99 euro le litre d’essence et 2,20 euros le litre de diesel, sans y être contraint par le gouvernement. Cette initiative, selon TotalEnergies, vise à attirer une clientèle toujours plus nombreuse, notamment celle des automobilistes cherchant des prix compétitifs dans un contexte d’incertitude économique.
Cependant, le gouvernement ne souhaite pas alimenter les critiques anti-Total, reconnaissant le rôle stratégique de l’entreprise dans le maintien de l’approvisionnement énergétique. Toutefois, l’annonce de ces résultats record ne peut que raviver les tensions sur le pouvoir d’achat des Français, d’autant plus que les prix des carburants pourraient rester élevés.
Dans ce contexte, les partis de gauche, notamment les socialistes, ont décidé d’introduire une proposition de loi visant à taxer à 20 % les « superprofits des profiteurs de crises ». Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, a exprimé sur X que ce manque d’intervention gouvernementale relevait d’une forme de protection pour les grandes entreprises.
Lors d’une audition, Isabelle Patrier, directrice France de TotalEnergies, a indiqué que l’entreprise aimerait payer plus d’impôts en France, mais que ses opérations de raffinage y étaient souvent déficitaires. Ce qui amène à une situation où, malgré ses bénéfices à l’international, TotalEnergies échappe à de nombreux impôts en raison de sa situation locale. Par exemple, le géant pétrolier n’a pas contribué à la contribution exceptionnelle réglementée sur les grandes entreprises.