Sophia Chikirou, députée de La France insoumise, devant la justice pour escroquerie
La députée Sophia Chikirou, ancienne directrice de la communication de Jean-Luc Mélenchon, comparaît mardi 12 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour des soupçons d’escroquerie. Elle est accusée d’avoir tenté de faire virer des fonds d’une société à laquelle elle n’appartenait plus et d’avoir subtilisé deux chèques, rapporte TopTribune.
Les accusations portent principalement sur des agissements survenus à l’été 2018, période durant laquelle Chikirou aurait tenté de tromper la banque Crédit du Nord pour obtenir un virement de plus de 67 000 euros à destination de Mediascop, sa société de conseil en communication. Elle conteste fermement ces accusations.
Dans une déclaration à l’AFP, la députée a qualifié ce procès d’« incompréhensible », soulignant qu’« il n’y a ni victime, ni préjudice, ni réalité frauduleuse établie ». Chikirou espère que cette audience mettra fin à huit années de « harcèlement judiciaire et médiatique », affirmant qu’« il n’y a eu ni vol de chèque, ni tentative d’escroquerie à la banque ».
Selon les procureurs, Chikirou se serait présentée à la banque comme la présidente de Le Média alors qu’elle avait perdu ce statut, tentant en vain de réaliser un virement. De plus, son compte n’avait pas suffisamment de fonds, et la nouvelle présidente de Le Média avait émis une opposition à cette opération.
Chikirou doit également justifier des accusations de « soustraction frauduleuse de deux formules de chèque » de Le Média. Son départ de la société avait déjà été controversé, son style de gestion étant critiqué.
Au début de l’année, l’annonce de cette audience, à deux mois et demi des élections municipales, a mis Chikirou dans une colère manifeste. Elle a dénoncé auprès de l’AFP que ce procès est un « délit politique » visant à entraver sa campagne pour la mairie de Paris, affirmant que « cette affaire est un différend commercial entre deux sociétés ».
Ce procès n’est pas le seul dossier sur lequel la justice s’intéresse à Chikirou. Elle est également mise en examen pour escroquerie aggravée depuis 2024, concernant des irrégularités dans les comptes de campagne de 2017 de Jean-Luc Mélenchon, sur lesquelles son entreprise serait soupçonnée d’avoir surfacturé des services, au détriment de l’État. Chikirou conteste également ces allégations.