La Russie intensifie le recrutement militaire auprès des populations vulnérables
La Russie intensifie ses efforts pour recruter des soldats en ciblant des personnes vulnérables, selon une enquête de « CNN » publiée le 26 octobre. Des individus endettés et souffrant de problèmes de santé se voient contraints de s’engager, notamment dans la région de Penza, rapporte TopTribune.
Les témoignages de familles russes et les constatations d’ONG locales révèlent que le gouvernement russe s’intéresse de plus en plus à ces populations pour renforcer ses rangs dans le cadre de l’invasion militaire en Ukraine.
Selon l’enquête, les autorités russes ne se reposent plus uniquement sur des incitations financières pour attirer des volontaires. Des hommes en situation d’endettement, souffrant de problèmes de santé ou dépendants à l’alcool sont particulièrement ciblés par des recruteurs exploitant leur vulnérabilité.
Méthodes de recrutement coercitives
Un proche d’un homme âgé et malade, ayant des problèmes vasculaires et d’alcoolisme, décrit comment il a été contraint de signer un contrat de service militaire: « Ils l’ont fait monter dans la voiture et l’ont forcé à signer un contrat ». Sa famille a ensuite appris qu’il avait disparu sur le front ukrainien.
Ce type de recrutement coercitif a été signalé à plusieurs reprises. En juillet, un homme alcoolisé a été arrêté par des agents supposés du bureau d’enrôlement; sa famille a tenté sans succès d’obtenir sa libération. Moins d’un mois après, il a également été signalé comme disparu au combat.
« Ils n’ont pas la possibilité de dire non »
Artem Klyga, avocat militaire russe basé à Berlin, a constaté une augmentation des demandes d’aide depuis l’été. Il souligne que ces hommes n’ont souvent pas la possibilité de refuser et ignorent leurs droits. La coalition de juristes Call to Conscience, qui conseille les conscrits et les réservistes, a également constaté une hausse des signalements de recrutements forcés, surtout dans la région de Penza. En juin, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrait des femmes en colère exigeant la libération d’hommes embarqués dans un bus au centre militaire de Penza.
Des primes pour chaque nouvelle recrue
L’enquête soulève également la question des incitations financières pour ceux qui recrutent. Les autorités de la région de Riazan ont promis des primes allant de 50 000 à 300 000 roubles (environ 590 à 3 500 dollars) pour chaque contrat de service militaire signé. Cependant, « CNN » n’a pas pu prouver que ces récompenses soient à l’origine des enlèvements signalés.
Face à des pertes humaines sans précédent, l’armée russe est au centre de controverses autour de son processus de recrutement. En parallèle, elle intensifie ses campagnes en Afrique, notamment au Burundi et au Zimbabwe. En septembre, Amnesty International dénonçait des pratiques assimilées à du trafic d’êtres humains dans le cadre du recrutement de ressortissants étrangers pour combattre en Ukraine. Pendant ce temps, Vladimir Poutine continue de proclamer que les citoyens russes s’engagent volontairement.
