«Les coûts du changement climatique augmentent et les chocs futurs pourraient être plus difficiles à absorber». Dans son premier billet de blog depuis l’annonce de son départ anticipé de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde a averti, ce mercredi, que les coûts économiques du dérèglement climatique allaient s’alourdir en Europe, rapporte TopTribune.
La présidente de l’institution monétaire quittera ses fonctions le 7 février 2027, soit neuf mois avant la fin de son mandat. Elle fait état d’un été caniculaire et d’une sécheresse historique qui ont frappé l’Europe. Cette saison a été marquée par des records de chaleur, plus de 30.000 décès excédentaires, des incendies ayant ravagé environ 400.000 hectares en France et en Espagne, ainsi qu’une sécheresse ayant perturbé la navigation sur le Rhin et le Danube.
Investir davantage pour mieux résister
Bien que ces événements n’aient jusqu’ici eu qu’un impact limité sur l’activité économique de la zone euro, Christine Lagarde estime que les risques à long terme sont largement sous-évalués. «La chaleur extrême reviendra plus souvent et avec davantage de force, et ses coûts pèseront le plus lourdement sur ceux qui sont le moins capables de les supporter».
Elle appelle à davantage d’investissements dans les réseaux électriques, le stockage d’énergie et l’électrification de l’économie pour mieux résister aux futures vagues de chaleur. «Chaque euro investi dans la modernisation du réseau permet d’économiser plus de deux euros dans le reste du système énergétique».
À quelques jours de l’ouverture de la COP31 en Turquie, à Antalya, elle a salué le nouveau cadre européen de «résilience climatique» présenté fin octobre par la Commission européenne. Ce cadre vise à mieux préparer les États membres à des phénomènes météorologiques extrêmes qui devraient devenir plus fréquents sur un continent se réchauffant deux fois plus vite que la moyenne mondiale. «L’Europe dispose des moyens de limiter les dégâts, et nous le devons aux générations qui vivront avec ces étés de les utiliser dès maintenant», a-t-elle conclu.
Le rapport sur le changement climatique souligne l’urgence d’agir. Les experts estiment que les impacts économiques pourraient nuire à la croissance si des mesures ne sont pas rapidement mises en place. Les morts causées par les vagues de chaleur pourraient augmenter, et des conséquences sur la santé publique sont à prévoir, notamment chez les populations vulnérables.
La Commission européenne, présidée par Ursula von der Leyen, a déjà introduit plusieurs politiques visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en Europe. Toutefois, Lagarde souligne qu’il est essentiel d’accélérer le rythme des investissements en infrastructures vertes afin de soutenir cette transformation.
Christine Lagarde a également souligné l’importance de la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique. Les échanges et le partage de technologies pourraient renforcer la capacité des pays européens à faire face à ces défis croissants. Les prochaines négociations à la COP31 seront cruciales pour un engagement mondial renforcé en matière de durabilité.
La Banque centrale européenne a déjà pris des mesures pour intégrer des critères environnementaux dans ses politiques. Mais, selon Lagarde, cela ne suffit pas. «Il faut une véritable volonté politique pour encourager toutes les entreprises à se diriger vers un modèle d’affaires durable», a-t-elle déclaré.
Alors que les défis climatiques continuent de croître, le besoin d’une action rapide et concertée devient de plus en plus urgent. Les événements récents en Europe montrent clairement que l’inaction pourrait conduire à des coûts insupportables à l’avenir. Lagarde a conclu son intervention en appelant les décideurs politiques à agir immédiatement afin de prévenir une crise climatique encore plus profonde à l’avenir.
