Primaire de la droite et du centre pour 2027 : l'union se fait attendre alors que le temps presse

Primaire de la droite et du centre pour 2027 : l’union se fait attendre alors que le temps presse

10.09.2026 08:56
3 min de lecture

«Faites l’union, mais derrière moi ! » C’est ainsi que se résument les premiers mois de campagne au sein du bloc central. Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau sont en course pour l’Elysée, chacun appelant à l’unité pour éviter un face-à-face entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2027, selon plusieurs sondages. « Sans rassemblement, il n’y aura de victoire pour personne », a averti le maire Horizons du Havre, mardi à Paris. Cependant, après des mois de discussions et de tensions, aucune avancée n’est constatée. « Plus ça va aller et moins ils vont s’entendre. On file tout droit vers la catastrophe », s’inquiétait un député MoDem fin août. De quoi rendre la tenue d’une primaire inéluctable?, rapporte TopTribune.

L’union n’avance pas

Edouard Philippe a relancé le processus de rassemblement cette semaine. L’ancien Premier ministre a annoncé son intention d’écrire aux leaders de partis et courants de la droite et du centre afin de proposer la formation d’un comité, avec une première réunion prévue début novembre. « Se retrouver pour le jour des morts, je ne suis pas sûr que ce soit le bon signal… », critique un député LR. À Horizons, l’objectif est de rassembler tous les acteurs, du MoDem de François Bayrou au parti libéral Nouvelle Energie de David Lisnard. « S’asseoir autour d’une table de négociations n’a jamais fait de mal à personne. Philippe veut trouver une solution, et rapidement, en tant que candidat le mieux placé dans les sondages », indique Xavier Albertini, député Horizons de la Marne.

Cependant, même si Philippe est le favori du bloc central selon les sondages, il n’a pas réussi à décourager ses rivaux. Son invitation, perçue comme un appel à l’unité, a été rapidement rejetée par les concernés. « Je n’irai pas » à cette « réunion pour les macronistes entre les macronistes », a raillé Bruno Retailleau sur Cnews. « De la tambouille politicienne », a également affirmé Gabriel Attal sur Franceinfo, rappelant l’existence d’un « comité de liaison » déjà en place pour faire avancer les discussions. « Le rassemblement aura lieu, mais il n’y a pas aujourd’hui de personnalité providentielle, personne ne tue le match », a conclu Anne Genetet, soutien de Renaissance. « Laissons chacun défendre son projet, et si l’écart dans les sondages est insuffisant, il faudra que les militants tranchent », a ajouté l’ancienne ministre de l’Éducation nationale.

La pression pour la primaire

Chez les macronistes, chacun propose des idées pour départager les prétendants. L’ancien Premier ministre Michel Barnier a suggéré un « conclave » rassemblant plusieurs élus. « On n’est pas au Vatican ! Laissons décanter un peu les sondages », répond un proche d’Edouard Philippe. « Toutes ces histoires de chapeaux à plumes, c’est la vieille politique, ça ne marche plus. Il faudrait une primaire ouverte au plus grand nombre. Mais le temps presse… », s’inquiète un élu LR. Certains, comme Hervé Morin, président centriste de la région Normandie, cherchent à accélérer le processus en contactant Philippe, Retailleau, Attal et Lisnard pour organiser une grande primaire ouverte, initiative également réclamée par 200 élus lors d’une tribune fin août. Selon un sondage Odoxa-Backbone commandé par Le Figaro, 70 % des sympathisants de la droite et du centre sont favorables à l’organisation d’une primaire. Suffisamment pour convaincre les candidats ?

« Je n’ai aucun problème avec l’idée de primaire », a affirmé Gabriel Attal. Bruno Retailleau a également ajusté son discours ces derniers jours. « S’il y a une primaire de la droite et du centre, je l’affronterai. […] Je n’ai peur d’aucune compétition », a-t-il déclaré le 28 août. David Lisnard, maire de Cannes, pousse cette option depuis plusieurs mois. Tous les regards se tournent maintenant vers le Havre. « Je comprends qu’ils s’y montrent favorables pour pouvoir exister dans cette campagne. Mais Edouard Philippe ne croit pas à cette primaire », a noté Xavier Albertini, signalant les divergences sur le périmètre organisationnel. Un élu centriste résume la situation au sein du bloc central : « Il faut sortir des postures et des egos au plus vite, sinon nous serons laminés et nous aurons un second tour RN – LFI ».

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