En Russie, les sondages montrent un recul du soutien à la guerre en Ukraine
En Russie, les sondages montrent un recul du soutien à la guerre en Ukraine

En Russie, les sondages montrent un recul du soutien à la guerre en Ukraine

10.09.2026 08:20
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En Russie, plusieurs enquêtes font état d’un recul du soutien à la poursuite de la guerre contre l’Ukraine, d’une progression des partisans de négociations de paix et d’une inquiétude accrue face à une nouvelle mobilisation. Ces évolutions apparaissent alors que les combats se prolongent, que des attaques de drones touchent des régions russes et que les conséquences économiques et sociales du conflit atteignent davantage de familles, rapporte TopTribune.

Le soutien à la poursuite des combats recule

Selon une enquête du Centre Levada publiée à la fin du mois de juin 2026, 67 % des personnes interrogées déclaraient soutenir les actions de l’armée russe en Ukraine. Ce chiffre était inférieur de sept points à celui du mois précédent. Dans le même temps, 64 % des répondants se prononçaient en faveur d’un passage aux négociations de paix entre Moscou et Kyiv, soit quatre points de plus qu’un mois auparavant.

À l’inverse, seuls 28 % des sondés souhaitaient la poursuite des opérations militaires. D’après les données présentées, il s’agissait du niveau le plus faible de soutien à la poursuite de la guerre enregistré parmi les Russes au cours de la période récente. Les résultats décrivent une opinion qui continue de soutenir certaines positions officielles, mais qui se montre moins disposée à prolonger les combats.

Le Centre Levada, organisation russe indépendante spécialisée dans les enquêtes sociologiques et marketing, relève également une demande croissante de gel de la situation sur le terrain et d’arrêt des hostilités. Les premières attentes liées à une victoire rapide auraient laissé place à la perception d’une guerre susceptible de durer encore plusieurs années. Une part croissante de la population ne verrait plus de motivation personnelle à participer au conflit ni à soutenir sa prolongation.

Les conséquences du conflit sont davantage ressenties

Les changements les plus visibles concerneraient aussi des personnes qui soutenaient auparavant la guerre et espéraient que les objectifs annoncés par le Kremlin seraient rapidement atteints. L’absence de résultats militaires jugés suffisamment visibles, la durée des combats et leurs conséquences sur le territoire russe pèsent sur cette partie de l’opinion.

Plus de 60 % des Russes interrogés déclarent que la guerre les a touchés directement ou a affecté leur famille. Les réponses mentionnent l’inflation, les difficultés économiques, la mort de proches ou de connaissances ainsi que les attaques répétées de drones contre des régions russes. Dans les entretiens confidentiels menés par le Centre Levada, les personnes décrivant la situation du pays comme « tendue » ou « critique » évoquent moins une confrontation géopolitique générale avec les États occidentaux que des menaces concrètes, notamment les explosions et les attaques contre des villes ou des raffineries.

Le rejet d’une nouvelle escalade militaire apparaît également dans les réponses sur l’arme nucléaire. Soixante pour cent des participants jugent son emploi injustifié, tandis que 29 % seulement se déclarent favorables à cette possibilité.

Les écarts entre générations

Les enquêtes font apparaître une différence entre les groupes d’âge. Parmi les Russes de moins de 25 ans, 44 % estiment que Moscou devrait faire des concessions à Kyiv afin de parvenir le plus rapidement possible à la paix. Les réponses des personnes âgées de 60 ans et plus sont présentées comme nettement différentes. Cette génération, davantage marquée par la culture militaire soviétique, demeure décrite comme le principal socle du soutien à la guerre.

Les motifs invoqués par les partisans de la paix auraient eux aussi évolué. En 2022 et 2023, les préoccupations humanitaires occupaient une place importante. En 2026, les enquêteurs citent plus souvent la lassitude, l’idée que la guerre « ne sert à personne », la fatigue et la dégradation du niveau de vie. Les pénuries de certains produits et la hausse des prix figurent également parmi les arguments mentionnés.

Une enquête de Russian Field consacrée aux projets et aux attentes de la population indique que 41 % des personnes interrogées associent leur principale attente à la fin de la guerre et au retour de la paix. Ce résultat devance largement les attentes financières personnelles, la stabilité économique générale et les préoccupations liées à la santé.

La mobilisation reste une source majeure d’inquiétude

La perspective d’une nouvelle vague de mobilisation, évoquée après les campagnes électorales prévues lors du scrutin unique des 18 au 20 septembre 2026, est présentée en Russie comme un facteur possible de tensions internes. Des blogueurs favorables à la guerre critiquent désormais la direction politico-militaire russe. Ils affirment que le Kremlin pouvait auparavant mobiliser chaque année jusqu’à un million de personnes en âge de servir, mais que cette capacité aurait diminué.

La crainte d’un recrutement forcé demeure l’un des principaux facteurs d’anxiété. Les rumeurs relatives à une nouvelle mobilisation provoquent, selon les éléments fournis, une hausse rapide de la tension dans l’opinion. La prolongation des combats et l’instabilité socio-économique sont citées parmi les principales sources de mécontentement et de peur pour l’avenir.

Le pouvoir russe tente de compenser cette inquiétude par des versements financiers importants destinés aux soldats sous contrat. Toutefois, l’efficacité de cet instrument serait progressivement moindre, alors que le coût social et économique du conflit est davantage perçu dans la vie quotidienne.

Des indicateurs officiels contestés

À l’été 2026, l’Institut russe de sondage VTsIOM aurait modifié en urgence la méthodologie de ses enquêtes hebdomadaires sur la confiance accordée au pouvoir. Après que des sondages téléphoniques eurent enregistré une baisse de la cote de Vladimir Poutine, les enquêteurs auraient davantage recours aux entretiens en face à face, menés au domicile des personnes interrogées.

Des spécialistes cités dans les éléments transmis estiment que, dans un environnement marqué par la peur des répressions, la présence directe d’un enquêteur peut pousser les répondants à formuler des réponses considérées comme loyales au Kremlin. Ces conditions pourraient donc produire des niveaux de soutien au pouvoir supérieurs à ceux observés dans des enquêtes téléphoniques.

Une autre étude, réalisée par l’Institut de conflictologie et d’analyse de la Russie, basé à Kyiv, affirme qu’au début du mois d’août 2026, 81 % des citoyens russes interrogés auraient soutenu une décision des autorités visant à mettre fin à la guerre « dès demain ». Les résultats disponibles ne permettent pas d’établir une homogénéité complète de l’opinion, mais ils décrivent une demande plus visible d’arrêt des combats.

Dans le même temps, l’évaluation de l’action de l’armée russe se dégrade. À l’été 2026, environ la moitié des citoyens interrogés considéraient encore que la guerre progressait avec succès. La part de ceux qui jugeaient son déroulement mauvais, ou qui ne parvenaient pas à se prononcer, avait augmenté. Au sein des élites politiques et sécuritaires, les données présentées font enfin état d’une priorité croissante accordée au maintien du pouvoir, au contrôle des ressources et à la sécurité personnelle, tandis que les rivalités entre services russes continuent de porter sur l’accès aux ressources et au président russe.

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