Marine Le Pen, leader des députés du Rassemblement national et candidate à la présidentielle, a récemment publié une lettre ouverte adressée aux buralistes, diffusée le 6 septembre 2026, dans laquelle elle appelle à un « gel des taxes sur le tabac », rapporte TopTribune.
Cette initiative survient à la veille d’une mobilisation nationale, orchestrée par la Confédération des buralistes, qui demande un moratoire sur la hausse des prix du tabac. Selon leurs dires, une telle mesure est cruciale pour éviter l’essor de la contrebande de cigarettes. Cette action précède le débat prévu au Sénat sur le projet de loi de finances de la Sécurité sociale.
Marine Le Pen qualifie cette mobilisation de « totalement légitime », soulignant que l’activité des buralistes est « essentielle pour la vie sociale et économique de nos villes et villages ».
Désindexation des prix et sanctions accrues
Dans une approche concrète, la candidate préconise deux mesures fiscales : le gel des taxes sur le tabac et la désindexation du prix du paquet par rapport à l’inflation. L’objectif qu’elle met en avant est de freiner la pression fiscale. Selon elle, « l’augmentation constante du prix du tabac ne peut pas constituer à elle seule une politique publique efficace ».
En ce qui concerne le durcissement des mesures répressives, elle envisage d’« alourdir considérablement les sanctions à l’encontre des trafiquants et de la vente à la sauvette », tout en augmentant les prérogatives des policiers municipaux, afin qu’ils puissent participer aux saisies de produits illicites. Elle assure vouloir « protéger ceux qui exercent légalement et lutter effectivement contre ceux qui organisent le trafic, tout en redonnant de la visibilité à leur profession ».
Depuis 2017, le prix d’un paquet de cigarettes a augmenté d’environ 6 euros, atteignant près de 13 euros. Pour un paquet « premium » affiché à 12,50 euros, l’État perçoit 10,50 euros, comprenant 8,5 euros d’accises sur les tabacs et 2 euros de TVA. Le buraliste et le fabricant se partagent, quant à eux, une marge d’un euro chacun, selon un étude du Sénat publiée en mai 2024.
Entre juillet 2025 et juillet 2026, les ventes au détail de cigarettes, de tabac à rouler et de cigares ont connu une baisse de 4,6 % à 5,2 %.
En 2023, environ 4,3 milliards d’euros de fiscalité nationale sur le tabac consommé en France métropolitaine échappaient aux caisses publiques, d’après une étude publiée par les douanes en octobre 2025 et relayée par BFMTV. Le cabinet KPMG, dans son rapport annuel, indique que la moitié des cigarettes fumées en France proviennent de l’étranger ou du marché noir.
Les buralistes craignent également le retour d’un amendement qui avait été présenté lors du budget de la Sécurité sociale pour 2025, mais qui avait été rejeté par l’Assemblée nationale. Cet amendement proposait d’augmenter le prix du tabac de 10 % par an jusqu’en 2032, avec l’objectif d’atteindre un prix de 25 euros par paquet.