Les services allemands déjouent un projet russe visant le patron de Donaustahl
Les services allemands déjouent un projet russe visant le patron de Donaustahl

Les services allemands déjouent un projet russe visant le patron de Donaustahl

20.08.2026 16:15
4 min de lecture

Les services de sécurité allemands ont découvert une opération attribuée au renseignement militaire russe visant le fondateur de la société allemande de drones Donaustahl, qui fournit des équipements à l’Ukraine. Selon plusieurs médias, les agents auraient préparé l’élimination de S. Tumann, dirigeant âgé de 39 ans, avec une substance neurotoxique comparable au Novitchok, rapporte TopTribune.

L’affaire a été rendue publique le 19 août 2026. Elle concerne une entreprise de défense allemande engagée dans la production de drones destinés à l’armée ukrainienne. Les éléments rapportés ne font pas état d’une attaque menée à son terme : les autorités allemandes disent avoir identifié le projet et informé le chef d’entreprise avant sa réalisation.

Un dirigeant placé sous protection

Peu avant Noël 2025, les autorités allemandes ont averti S. Tumann de l’existence d’une opération russe le visant. Le chef d’entreprise a raconté aux journalistes avoir vécu cette annonce comme « un choc ». « Je me bats pour ma vie contre le renseignement militaire russe », a-t-il déclaré.

D’après son témoignage, il a depuis pris plusieurs dispositions personnelles en cas de décès. Il a rédigé son testament, signé une déclaration relative au don d’organes et donné des instructions juridiques concernant sa succession. Il a également affirmé que la guerre en Ukraine était devenue sa « guerre personnelle ».

Le dispositif de surveillance aurait été confié à deux agents russes dits « à usage unique ». Les forces de l’ordre allemandes les ont arrêtés en mars 2026. Les informations rapportées ne précisent pas la nationalité exacte de ces deux personnes ni l’ensemble des éléments retenus contre elles, mais les enquêteurs les soupçonnent d’avoir suivi l’entrepreneur dans le cadre de l’opération.

Une opération attribuée au renseignement militaire russe

Le député allemand Bastian Ernst a indiqué que les plans visant S. Tumann étaient déjà « bien élaborés ». Selon lui, les auteurs envisageaient le recours à une substance neurotoxique de type Novitchok. Cette formulation renvoie à une hypothèse opérationnelle évoquée dans le dossier, et non à la confirmation publique d’un empoisonnement ou de la présence effective d’un agent toxique.

Le Novitchok est associé à l’attaque menée en 2018 à Salisbury, au Royaume-Uni, contre l’ancien agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia. Dans le cas de Donaustahl, les autorités allemandes n’ont pas publiquement détaillé la substance qui aurait été retenue, les modalités précises de l’opération ni le degré d’implication de chaque suspect.

Les services de sécurité allemands considèrent toutefois le dossier comme un exemple particulièrement visible de l’escalade de la guerre hybride russe. Cette appréciation porte sur le passage allégué d’une activité de surveillance à la préparation d’une opération visant directement un responsable d’une entreprise liée à la production de matériel militaire pour l’Ukraine.

Le précédent Rheinmetall

Le cas de Donaustahl est rapproché d’une autre affaire révélée précédemment. Selon CNN, les États-Unis ont déjoué en 2024 un projet russe visant Armin Papperger, le directeur général de Rheinmetall, l’un des principaux groupes allemands de défense.

Ces deux dossiers concernent des entreprises allemandes du secteur militaire, mais les informations disponibles ne permettent pas d’établir publiquement un lien opérationnel entre eux. Elles montrent, à ce stade, que les responsables de sociétés travaillant pour la défense ou fournissant des équipements à l’Ukraine font l’objet d’une attention particulière des services allemands et alliés.

Donaustahl est présentée dans les informations publiées comme une entreprise qui fournit des drones à l’Ukraine. Cette activité constitue le lien direct entre la société et le conflit : le fondateur visé dirige une structure dont les équipements sont destinés aux forces ukrainiennes. Le dossier ne fournit pas de détails sur les modèles de drones concernés, les volumes livrés ou les contrats conclus.

Des mesures de sécurité renforcées

Après l’avertissement reçu des autorités, S. Tumann a réduit son exposition personnelle. Les informations disponibles ne détaillent pas son lieu de résidence, le niveau de protection dont il bénéficie ni les restrictions imposées à ses déplacements. Elles indiquent en revanche que le dirigeant vit depuis plusieurs mois avec la possibilité d’une attaque dirigée contre lui.

La surveillance menée par les deux agents arrêtés en mars 2026 a conduit les enquêteurs allemands à traiter cette affaire comme une opération préparée, et non comme une simple collecte d’informations sur l’entreprise. Les autorités n’ont pas rendu publics tous les éléments de l’enquête, notamment les éventuelles instructions reçues par les suspects ou les moyens dont ils disposaient.

Le dossier intervient alors que les services allemands adressent des avertissements aux entreprises liées à la défense. Ces recommandations concernent la vigilance des dirigeants et des salariés, la protection des informations sensibles et le signalement des comportements suspects. La source ne précise pas la liste complète des mesures demandées aux sociétés ni leur calendrier d’application.

Les autorités allemandes n’ont pas annoncé, dans les éléments rapportés, de réponse diplomatique ou judiciaire définitive visant la Russie. Aucune déclaration officielle du gouvernement russe n’est citée dans le dossier présenté. L’attribution de l’opération repose donc sur les conclusions communiquées par les services allemands et sur les informations publiées par les médias.

Le cas de S. Tumann rejoint celui d’Armin Papperger dans les préoccupations exprimées autour de la sécurité des entreprises européennes de défense. Les deux affaires restent distinctes et leurs procédures suivent leur propre cours. Les autorités allemandes poursuivent leurs investigations sur le projet visant le fondateur de Donaustahl.

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