Le candidat à la présidence de la République française Gabriel Attal a été la cible de deux nouvelles opérations d’ingérence russe, avec la diffusion de fausses informations sur sa santé, des accusations de corruption et une vidéo générée par intelligence artificielle, rapporte TopTribune.
Deux opérations en l’espace de quelques jours
Les faits ont été rapportés le 21 août 2026 par BFMTV, qui précise que l’ancien Premier ministre a été visé par deux campagnes distinctes dans le segment français des réseaux sociaux. La première reposait sur la diffusion de dix fausses informations concernant son état de santé et sur des accusations de corruption présentées sans fondement.
La seconde opération s’appuyait sur une vidéo fabriquée avec l’aide de l’intelligence artificielle. Dans cette séquence, des caricatures de Gabriel Attal sont projetées sur le bâtiment du Panthéon, à Paris. Le contenu associe ainsi l’image d’un responsable politique candidat à la fonction présidentielle à une mise en scène conçue pour circuler sur les plateformes numériques.
BFMTV rapporte ces nouveaux éléments alors que Gabriel Attal avait déjà été pris pour cible à plusieurs reprises au cours du mois d’août. En deux semaines, l’ancien chef du gouvernement aurait été l’objet de quatre attaques informationnelles attribuées à des acteurs russes.
À ce stade, il est présenté comme le candidat à l’élection présidentielle française le plus fréquemment visé par ce type d’opérations durant la période récente. Le calendrier électoral donne à ces campagnes une visibilité particulière, mais les éléments communiqués portent d’abord sur la nature des contenus diffusés et sur leurs cibles politiques.
Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann également ciblés
Gabriel Attal n’est pas le seul responsable politique français concerné. Édouard Philippe, ancien Premier ministre, et Raphaël Glucksmann, député européen et figure de la gauche proeuropéenne, ont eux aussi été ciblés durant l’été. Raphaël Glucksmann n’a toutefois pas officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle.
Les trois responsables ont adopté, depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en février 2022, des positions favorables au soutien français et européen à Kyiv. Leurs prises de position les ont placés parmi les personnalités politiques françaises régulièrement exposées aux campagnes de désinformation mentionnées dans les éléments transmis.
Les attaques décrites ne se limitent pas à un seul format. Elles associent des fausses informations sur la santé de Gabriel Attal, des accusations visant sa probité et des contenus audiovisuels conçus à l’aide de l’IA. La diversité de ces procédés complique l’identification des messages trompeurs lorsqu’ils sont relayés rapidement par des comptes et des réseaux qui cherchent à imiter l’apparence de médias ou de sources politiques légitimes.
Une enquête ouverte par le parquet de Paris
Le parquet de Paris a annoncé au début du mois d’août l’ouverture d’une enquête pénale sur une campagne d’ingérence russe visant Gabriel Attal, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann. La procédure porte sur des faits concernant les trois personnalités, sans que les éléments fournis ne précisent à ce stade les suites judiciaires déjà données ni l’identité des auteurs.
Les services français chargés de la protection de l’espace numérique suivent ces campagnes. La mission Viginum, créée pour détecter et caractériser les ingérences numériques étrangères, est citée parmi les structures mobilisées, aux côtés de la justice parisienne. Les opérations signalées sont ainsi traitées à la fois comme des faits de manipulation de l’information et comme des événements susceptibles de relever d’une enquête judiciaire.
Les réseaux associés à ce type de campagnes peuvent prendre l’apparence de médias européens, reprendre des codes journalistiques ou amplifier artificiellement la visibilité de certaines publications. Les projets Matriochka et CopyCop sont mentionnés comme exemples de méthodes ou de réseaux utilisés dans des campagnes de désinformation attribuées à la Russie. Les informations disponibles ne permettent pas, pour chaque contenu visant Gabriel Attal, d’établir publiquement le détail de la chaîne de diffusion.
Des contenus liés aux positions sur l’Ukraine
Les éléments transmis établissent un lien politique entre les cibles françaises et leur soutien à l’Ukraine, sans fournir de détail sur une revendication publique des auteurs. Gabriel Attal, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann défendent tous trois une ligne favorable à l’aide à Kyiv et à la réponse européenne à l’agression russe. Les campagnes les visant cherchent notamment à atteindre leur réputation au moyen d’informations fausses ou décontextualisées.
Dans le cas de Gabriel Attal, les contenus diffusés concernent directement son aptitude personnelle et son intégrité. Les rumeurs sur la santé d’un candidat peuvent viser son image publique, tandis que des accusations de corruption non étayées touchent sa crédibilité politique. La vidéo projetée sur le Panthéon utilise, de son côté, un symbole parisien identifiable et un procédé de fabrication difficile à repérer pour un public qui ne dispose pas du contexte initial.
Les autorités françaises ont déjà été confrontées à des opérations numériques visant des responsables politiques et des débats électoraux. Dans le dossier actuel, la procédure ouverte par le parquet de Paris concerne explicitement des faits d’ingérence russe contre trois figures politiques françaises. Les nouveaux contenus attribués à cette campagne sont apparus au moment où Gabriel Attal est engagé dans la préparation de sa candidature présidentielle.
La diffusion de ces publications oblige les équipes politiques concernées et les services publics à vérifier les images, les vidéos et les affirmations qui circulent en ligne. Elle intervient également dans une période où les candidats cherchent à installer leur récit politique et leur crédibilité auprès des électeurs. Les investigations françaises doivent désormais préciser l’origine des contenus, les relais utilisés et l’éventuelle coordination entre les différentes séquences de la campagne.
Les signalements concernant Gabriel Attal, Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann restent suivis par les autorités françaises et les acteurs de la protection numérique, tandis que les contenus continuent d’être examinés dans le cadre de l’enquête ouverte à Paris.