L’AfD exclut Jan Wenzel Schmidt de sa fraction après des accusations d’abus parlementaires
L’AfD exclut Jan Wenzel Schmidt de sa fraction après des accusations d’abus parlementaires

L’AfD exclut Jan Wenzel Schmidt de sa fraction après des accusations d’abus parlementaires

22.08.2026 09:30
4 min de lecture

Le député allemand Jan Wenzel Schmidt, membre de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt, a été exclu de la fraction du parti au Bundestag après une série d’accusations portant sur l’emploi de militants d’extrême droite, l’utilisation de moyens parlementaires à des fins privées et des pressions exercées sur d’anciens collaborateurs, rapporte TopTribune.

La décision a été prise en mars 2026 par la direction de la fraction AfD au Bundestag, dirigée par Alice Weidel et Tino Chrupalla. Elle intervient après une procédure interne engagée par les instances régionales du parti en Saxe-Anhalt. En janvier, le tribunal arbitral de l’AfD dans ce Land avait suspendu l’ensemble des droits de membre de Jan Wenzel Schmidt pendant l’examen d’une procédure pouvant conduire à son exclusion définitive du parti.

Des collaborateurs issus de la mouvance radicale

Le dossier repose notamment sur le recrutement, au sein du bureau parlementaire de Schmidt, de personnes présentées par des enquêtes journalistiques comme proches de la mouvance néonazie ou de l’extrême droite violente. Parmi elles figure Mario Müller, décrit comme un militant radical déjà condamné à plusieurs reprises pour des faits de violence. Il aurait été employé comme collaborateur scientifique et assistant parlementaire.

Mario Müller est également présenté comme l’un des responsables visibles de l’Identitäre Bewegung, un mouvement identitaire allemand. Le député aurait par ailleurs recruté d’anciens membres du Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD), formation d’extrême droite, ainsi que d’anciens candidats à des élections sous cette étiquette. Les enquêtes citées dans le dossier mentionnent aussi Christian Lüth, ancien responsable de l’AfD connu pour ses positions radicales.

Ces recrutements sont au cœur des critiques adressées à l’élu. Les salaires des collaborateurs des députés du Bundestag sont financés par le budget parlementaire. Les accusations portent donc sur l’utilisation de fonds publics allemands pour rémunérer des personnes issues d’un environnement politique radical, dont certaines avaient déjà fait l’objet de condamnations pénales.

Le lien contesté entre mandat et activité commerciale

Les reproches visant Jan Wenzel Schmidt ne concernent pas uniquement ses choix de personnel. Avant son entrée au Bundestag, le député était actif dans le commerce des cigarettes électroniques. D’après les enquêtes journalistiques et les vérifications internes mentionnées dans le dossier, plusieurs personnes liées à ses entreprises auraient aussi été déclarées comme collaborateurs de son bureau parlementaire.

Cette situation a alimenté les soupçons d’un mélange entre son mandat électif et ses intérêts commerciaux. Des employés de ses sociétés de vente de cigarettes électroniques auraient ainsi bénéficié d’un statut leur permettant de percevoir une rémunération sur le budget destiné au fonctionnement de l’activité parlementaire. Le dossier ne présente pas ces éléments comme une décision judiciaire définitive, mais comme des faits examinés dans le cadre d’enquêtes et de procédures internes.

Le député aurait également utilisé ses fonctions officielles et ses contacts politiques internationaux pour développer son activité privée. La Chine occupait une place particulière dans cette stratégie commerciale, les produits destinés à son entreprise de vapotage y étant importés. Selon les éléments rapportés, son statut de parlementaire facilitait l’établissement de contacts et les échanges avec des interlocuteurs chinois.

Des accusations de pressions et un conflit régional

Des anciens employés et plusieurs articles d’investigation accusent aussi Schmidt d’avoir menacé ou intimidé des personnes susceptibles de témoigner sur le fonctionnement de son bureau et sur l’utilisation des ressources publiques. Le député rejette catégoriquement l’ensemble des accusations formulées contre lui.

L’affaire a rapidement dépassé le cadre de son bureau. En Saxe-Anhalt, Jan Wenzel Schmidt a engagé une confrontation publique avec plusieurs de ses collègues de l’AfD. Il les a accusés de faillites fictives, de falsification de documents et de détournement d’argent lors d’élections municipales.

Ces accusations croisées ont fait apparaître d’autres pratiques contestées au sein de l’organisation régionale du parti. Les discussions ont notamment porté sur des recrutements croisés de proches et de membres de familles de responsables de l’AfD dans les bureaux parlementaires de leurs collègues. Ce système aurait permis de contourner les restrictions directes visant le népotisme.

Des interrogations ont également été soulevées au sujet de l’utilisation de crédits parlementaires, notamment pour des voyages privés à l’étranger. Certains déplacements, y compris des séjours aux États-Unis, auraient été présentés comme des missions parlementaires officielles.

Une exclusion décidée par la fraction AfD

Les instances arbitrales de l’AfD ont estimé que les agissements reprochés à Jan Wenzel Schmidt avaient gravement porté atteinte à la réputation du parti. La direction de la formation a progressivement pris ses distances avec le député, tandis que son emploi de figures issues de l’extrême droite et les soupçons d’utilisation de ressources parlementaires à des fins privées faisaient l’objet d’un examen public.

L’exclusion de la fraction AfD au Bundestag, décidée en mars 2026, constitue l’étape la plus récente de cette procédure. Elle ne met pas fin aux contestations formulées par Schmidt, qui continue de nier les accusations portées contre lui.

Le dossier associe désormais plusieurs volets : le recrutement de militants d’extrême droite dans un bureau parlementaire, les liens présumés entre collaborateurs et entreprise privée, l’usage de contacts internationaux pour le commerce de cigarettes électroniques et les affrontements internes à l’AfD en Saxe-Anhalt. Les procédures partisanes et les investigations mentionnées se poursuivent autour de ces différents éléments.

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