Les propositions de Marine Le Pen sur le logement critiquées comme une « lubie xénophobe » par les bailleurs sociaux

Les propositions de Marine Le Pen sur le logement critiquées comme une « lubie xénophobe » par les bailleurs sociaux

14.09.2026 13:46
2 min de lecture

Les mesures sur le logement proposées par Marine Le Pen provoquent une forte réaction au sein de la gauche et des associations. La décision de réserver le parc HLM aux ressortissants français a été qualifiée de « lubie xénophobe » par Emmanuelle Cosse, porte-parole des bailleurs sociaux. Selon l’ancienne ministre écologiste du Logement, le programme de la candidate du Rassemblement national « parle très peu de logement mais utilise la crise actuelle pour désigner un bouc émissaire, les immigrés », rapporte TopTribune.

Lors d’une conférence de presse, la présidente de l’Union sociale pour l’habitat (USH) a rejeté toute notion de privilège accordé aux ressortissants étrangers, affirmant que « les étrangers ne sont pas favorisés dans l’entrée dans le logement social, il n’y a aucun favoritisme. Leur accès est même inférieur comparé aux ménages français ». Cette organisation, qui regroupe les bailleurs HLM, souligne que les ménages étrangers représentent seulement 15 % des locataires dans le parc social.

Pénurie de logement

La Confédération nationale du logement avertit que « la préférence nationale ne résoudra rien à la pénurie » de logements sociaux, rappelant que près de trois millions de ménages attendent un logement HLM. « Faire croire que les étrangers seraient les grands responsables de la crise du logement relève donc du mensonge », poursuit l’organisation dans un communiqué.

Dans son discours de rentrée, Marine Le Pen a promis d’inclure le logement parmi les « grands chantiers » de son quinquennat, souhaitant accorder la priorité d’accès au logement social aux Français et leur réserver les aides personnelles au logement (APL). Parmi ses autres propositions, l’abrogation de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) soulève des inquiétudes. Adoptée en 2000 pour encourager la construction de logements sociaux et promouvoir la mixité sociale, cette loi oblige les communes de plus de 3 500 habitants en zone urbaine (1 500 dans l’agglomération parisienne) à disposer, d’ici 2025, de 20 % ou 25 % de logements locatifs sociaux dans leur parc résidentiel.

« Recul gravissime »

Pour Jacques Baudrier, adjoint communiste en charge du logement à la mairie de Paris, la suppression de la loi SRU représenterait un « recul gravissime ». Selon le bilan triennal, un million de logements sociaux ont été créés depuis l’instauration de la mesure jusqu’en 2022, représentant près de 20 % du parc social actuel.

Marine Le Pen propose également d’expulser « des familles délinquantes » des logements HLM, de remplacer MaPrimeRénov’ par « un prêt à taux zéro », ainsi que de retirer les « contraintes » liées aux diagnostics de performance énergétique (DPE). Emmanuelle Cosse critique ces suggestions, les qualifiant d’« à côté de la plaque » par rapport aux besoins réels, et souligne la nécessité d’encadrer les loyers et d’offrir des loyers abordables, tout en s’attaquant à la spéculation foncière.

Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, dénonce sur LinkedIn le programme de Marine Le Pen comme « xénophobe, ultralibéral, polluant ». Jacques Baudrier considère qu’une politique d’extrême droite pour le logement entraînerait une aggravation grave de la crise du logement et un recul significatif dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’ancienne ministre Emmanuelle Cosse s’interroge également sur la priorité que Marine Le Pen accorde au logement et sur la position des autres candidats pour la présidentielle face à une question cruciale pour le pouvoir d’achat des Français.

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