Pollution du Rhône : 50 m3 de liqueur noire déversés par l'usine Fibre Excellence à Tarascon

Pollution du Rhône : 50 m3 de liqueur noire déversés par l’usine Fibre Excellence à Tarascon

14.09.2026 16:46
3 min de lecture

Pollution inquiétante dans le Rhône liée à l’usine Fibre Excellence

Des eaux industrielles contaminées s’échappent de l’usine Fibre Excellence à Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, dénonce le syndicat CGT. Cette situation alarmante aurait été mise en lumière par une vidéo diffusée début septembre, mettant en évidence une « catastrophe environnementale » résultant de la liquidation judiciaire de cette papeterie, classée site Seveso. Les images montrent un fluide noir et visqueux s’écoulant d’une cuve vers un bassin de rétention, rapporte TopTribune.

Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT Fibre Excellence, déclare qu’une manœuvre incorrecte d’une vanne par du personnel non formé a permis le déversement de 50 m³ de cette « liqueur noire », un résidu de cuisson du bois, potentiellement toxique. En outre, six mètres cubes supplémentaires ont déjà transité par la station d’épuration avant de rejoindre le Rhône.

Le problème s’est aggravé depuis le début du mois, à la suite de l’arrêt de la station d’épuration, officiellement clôturée le 28 août. Les eaux industrielles non traitées continueraient ainsi de se déverser dans le fleuve. Bulinge précise que « les capteurs démontrent une conductivité au-delà des seuils acceptables », ce qui indique un degré élevé de pollution. Le volume d’eau non traitée déjà écoulé est estimé à environ 400.000 litres.

Origine de la crise

Les événements remontent au jugement du 29 juillet, lorsque le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé la liquidation judiciaire de Fibre Excellence Provence, entraînant la fermeture effective du site le mois suivant. Environ 270 employés ont été affectés, certains restant sur place pour gérer les effluents et garantir la sécurité incendie. Cependant, la situation a changé le 26 août, lorsque les liquidateurs se sont séparés du personnel et ont confié la sécurité à un prestataire externe, jugé incompétent par les syndicats.

« Ils pensaient pouvoir gérer le site sans connaissance des installations », souligne Bulinge, critiquant ces décisions qui ont conduit à des mesures inadéquates. Un arrêté du 28 août impose cependant une présence humaine minimale, reprenant d’anciens employés en CDD pour trois jours. Quelques jours après, un nouvel incident de déversement a incité la préfecture à agir, confirmant que de telles erreurs étaient désormais probables sur le site.

Le 3 septembre, la préfecture a publié un arrêté stipulant que les liquidateurs avaient interrompu le pompage de l’eau du Rhône, considéré comme essentiel. Bulinge avertit : « Plus de 7.000 tonnes de bois sont entreposées sur un site à risque. En cas d’incendie, cela pourrait être une catastrophe. »

Intervention de l’Etat et résistance des liquidateurs

Pour faire face à cette crise, l’Etat a réquisitionné le site afin d’assurer sa sécurité, mais les liquidateurs ont tenté de contester ces arrêtés devant le juge des référés, sans succès. La justice a même validé une astreinte de 50.000 euros par jour de retard pour la mise en sécurité du site. Selon Bulinge, « rien ne change sur le terrain, bien que nous soyons déjà à trois arrêtés préfectoraux d’urgence et deux arrêtés de réquisition ». Il déplore l’absence de retour des employés de Fibre Excellence et la réticence à relancer les installations.

Les liquidateurs, interrogés par la presse, n’ont pas répondu aux demandes d’informations. Dans des déclarations antérieures, ils ont justifié l’arrêt des installations comme la « solution la moins risquée », arguant que la station d’épuration n’était pas adaptée pour gérer les volumes de déchets présents sur le site.

En attendant, la CGT insiste sur le besoin immédiat de rétablir les compétences nécessaires et de maintenir les dispositifs de sécurité jusqu’à l’évacuation complète des produits dangereux du site. Bulinge souligne que, derrière les conséquences environnementales et la fermeture de l’entreprise, se cachent des enjeux humains critiques, notamment la préservation des emplois.

Conclusion et perspectives

La situation liée à l’usine Fibre Excellence soulève d’importantes inquiétudes quant à la pollution de l’environnement et la sécurité des employés. Alors que l’Etat prend des mesures d’urgence, l’avenir de l’usine, de ses employés et de l’environnement demeure incertain. Les prochaines étapes dépendront de la collaboration entre les liquidateurs, les syndicats et les autorités, mais le besoin urgent d’une solution durable et sûre est devenu incontournable.

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