Publié le 6 octobre 2025, le rapport mensuel Crédits aux particuliers – août 2025 de la Banque de France offre une vue détaillée sur le crédit immobilier en France. Après avoir connu un déclin pendant deux années consécutives, la production de nouveaux prêts commence à se redresser, les ménages étant incités par des taux plus stables et un assouplissement progressif du cadre bancaire, rapporte TopTribune.
Un marché du crédit immobilier en reprise
Au mois d’août 2025, la Banque de France a signalé que « la production de crédits à l’habitat confirme sa reprise et leur taux moyen se stabilise un peu au-dessus de 3 % ». La production mensuelle, après ajustements saisonniers, atteint 12,2 milliards d’euros, un chiffre similaire à celui enregistré avant la crise de 2023. Cette augmentation indique que le marché immobilier français entre dans une phase de normalisation, favorisée par un recul progressif des taux depuis leur pic en 2024. La durée moyenne des prêts à l’habitat se fixe à 23 ans et 2 mois, permettant ainsi de compenser partiellement l’augmentation du coût de l’argent constatée depuis 2022.
Les taux moyens pour les nouveaux crédits immobiliers (hors renégociations) sont demeurés constants à 3,10 % en août 2025. Cette stabilité, après plusieurs mois de diminutions, offre une visibilité tant aux emprunteurs qu’aux institutions financières. D’après les données de la banque, les encours de prêts à l’habitat affichent une croissance annuelle de 0,2 %, témoignant d’un redressement encore modeste mais bien ancré.
Les primo-accédants comme moteurs de la reprise
Un des faits les plus marquants de cette publication concerne les primo-accédants. Selon la Banque de France, 52 % des nouveaux crédits à l’habitat pour l’acquisition d’une résidence principale proviennent désormais de ménages accédant à la propriété pour la première fois. Ainsi, plus d’une demande de crédit immobilier sur deux émane de primo-accédants.
Cette statistique reflète une évolution notoire : après plusieurs mois de réticence, les futurs propriétaires profitent de conditions de marché améliorées pour faire le saut. La légère diminution des taux ainsi que la stabilisation des prix de l’immobilier dans plusieurs régions ont atténué la pression sur les budgets, tout en renforçant la confiance des acheteurs.
Cependant, la Banque de France souligne également que la durée moyenne des prêts pour ces primo-accédants atteint 23 ans et 8 mois, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne pour tous les types de crédits. Cette prolongation de la durée de financement reste conforme aux standards établis par le Haut Conseil de stabilité financière, mais elle souligne la volonté des ménages de répartir leurs mensualités afin de respecter les limites de taux d’endettement autorisées.
Les primo-accédants jouent donc un rôle crucial dans la relance du marché immobilier. Leur retour progressif dynamise la production de crédits et aide à stabiliser le volume des transactions. À l’opposé, les investisseurs et les acheteurs secondaires restent plus prudents, confrontés à des marges bénéficiaires plus serrées et un accès au crédit immobilier toujours sélectif.