Contamination des laits infantiles : un rapport parlementaire critique le contrôle sanitaire en France

Contamination des laits infantiles : un rapport parlementaire critique le contrôle sanitaire en France

19.05.2026 17:46
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Un rapport parlementaire souligne les défaillances dans le contrôle des laits infantiles contaminés

Plus de cinq mois après le début de la crise des laits infantiles contaminés par la toxine céréulide, un rapport parlementaire alerte sur les défaillances du système de contrôle sanitaire et pointe des rappels tardifs de la part des industriels, au premier rang desquels Nestlé, rapporte TopTribune.

Cette crise sanitaire a suscité l’inquiétude de millions de parents. Pendant plusieurs semaines, des laits pour nourrissons vendus en France et dans plusieurs pays européens ont été rappelés en raison d’une contamination par une toxine. Le rapport de l’Assemblée nationale, publié le 19 mai et consulté par la cellule d’investigation de Radio France, révèle que le système de contrôle alimentaire n’était pas préparé à détecter ce type de danger émergent, et que les industriels ont tardé à rappeler les produits.

La crise avait débuté le 5 janvier dernier avec un rappel massif de Nestlé, après qu’un premier rappel de produits fabriqués aux Pays-Bas avait eu lieu le 11 décembre, suite à une contamination par la toxine céréulide, produite par certaines souches de la bactérie Bacillus cereus, capable de provoquer de graves intoxications hépatologiques et neurologiques, voire des décès.

Les députés Mathilde Hignet (La France insoumise) et Michel Lauzzana (Ensemble pour la République) ont réalisé de nombreuses auditions, notamment auprès de la direction générale de l’alimentation (DGAL) du ministère de l’Agriculture, de la direction générale de la santé (DGS) du ministère de la Santé ainsi que de l’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments (Efsa).

Parmi les préoccupations majeures relevées, le délai avant l’alerte est central. « L’analyse de la chronologie de cette crise sanitaire soulève la question des délais observés entre la prise de conscience, par les industriels, d’une contamination de leurs produits par la toxine céréulide et la notification qui en a été faite aux autorités publiques. »

Alors que Radio France, en consortium avec la RTS et la RTBF, dévoile comment Nestlé a retiré discrètement des laits contaminés en Autriche et en Allemagne tout en bloquant sa production en France, sans alerter les autorités ni les familles, les parlementaires soulignent que « le maintien sur le marché, pendant plusieurs semaines après le début de l’alerte alimentaire, de laits infantiles contaminés, soulève la question de la bonne application du principe de précaution. »

Selon les rapporteurs, la chronologie des événements montre que les exploitants n’ont procédé aux retraits qu’après avoir obtenu des résultats d’analyses confirmant la contamination à des niveaux dont la validité scientifique reste contestable. « Face au risque potentiel d’une toxine pouvant être dangereuse pour les nourrissons même à très faible dose, n’aurait-il pas été plus prudent de retirer d’emblée l’ensemble des lots contenant l’huile ARA fournie par le fournisseur chinois ? »

Les députés rappellent que le non-respect de l’obligation de notification immédiate en cas de doute sur un produit susceptible de présenter un risque pour la santé humaine est passible de six mois d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. Ils formulent 12 recommandations visant à renforcer les contrôles sanitaires. La mission parlementaire préconise d’ » améliorer la réactivité et la transparence en cas de crise sanitaire « , notant qu’ » cinq semaines se sont écoulées entre le premier rappel de Nestlé et la première information du centre de crise sanitaire « .

Elle suggère également de  » renforcer les critères de référencement par les exploitants des matières premières « , la toxine ayant contaminé une huile d’ara utilisée par presque tous les fabricants mondiaux. D’autres recommandations incluent  » la mise en place d’un contrôle périodique des sièges sociaux en matière de sécurité sanitaire «  et de  » renforcer la part des contrôles sur la production réalisée de manière indépendante « .

Les députés recommandent enfin de  » revoir la liste des substances réglementées par l’UE dans l’alimentation pour intégrer les dangers émergents «  et étudier la possibilité d’y inclure la toxine céréulide ainsi que d’autres toxines produites par la bactérie Bacillus cereus.

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