Les impacts psychologiques de l’eczéma atopique en France
L’eczéma atopique, une maladie inflammatoire chronique de la peau, touche plus de 4 millions de personnes en France, dont 2,5 millions d’adultes de plus de 15 ans. Alors que cette condition est souvent perçue uniquement comme un problème dermatologique, de nombreux experts soulignent le lien étroit entre l’eczéma et la santé mentale. Céline Le Bivic, psychologue clinicienne à l’hôpital Saint-Louis à Paris, affirme que les aspects psychologiques liés à cette maladie doivent être pris en compte, rapporte TopTribune.
Malgré sa visibilité, l’eczéma est mal compris et ses effets dépassent souvent le cadre physique. Les démangeaisons répétées et les poussées sont des éléments difficiles à supporter qui, ajoutés à la perception sociale de la maladie, peuvent avoir un impact dévastateur sur la vie quotidienne des patients. « Les répercussions mentales de la maladie ne doivent plus être taboues », insiste Le Bivic.
Un fort impact sur l’estime de soi
Les conséquences psychologiques de l’eczéma se manifestent particulièrement dans l’image de soi. Les plaques peuvent apparaître sur des zones visibles comme le visage, le cou ou les mains, conduisant les patients à faire face aux jugements extérieurs. Cette visibilité peut engendrer un sentiment de gêne et de différence, incitant certains à chercher à cacher leur peau.
Ce phénomène peut être plus que superficiel. Le Bivic note que certaines personnes éprouvent le désir de se rendre « transparentes » pour éviter toute attention, avec le risque d’isolement social comme conséquence majeure.
De l’anxiété à la dépression
La stigmatisation, qu’elle soit perçue ou réelle, affecte la santé mentale des personnes atteintes d’eczéma. Émotions telles que la honte, la culpabilité ou la frustration sont couramment rapportées. À long terme, ces sentiments peuvent mener à une anxiété persistante et, dans certains cas, à la dépression.
Les statistiques révèlent l’ampleur de ce phénomène. Environ 40 % des femmes souffrant d’eczéma atopique et presque 31 % des hommes présentent des risques dépressifs. Parmi les patients atteints de formes sévères, 38 % se disent constamment déprimés.
Le cercle vicieux du stress
Le stress joue un rôle significatif dans l’aggravation des symptômes de l’eczéma. Les démangeaisons incessantes et les poussées imprévisibles provoquent du stress, qui à son tour intensifie l’inflammation de la peau. Le Bivic indique que cette réaction est liée à l’augmentation du taux de cortisol, hormone du stress influençant le système immunitaire et les mécanismes inflammatoires.
Une prise en charge qui doit être globale
Les spécialistes s’accordent à dire que le traitement de l’eczéma doit dépasser le cadre des soins dermatologiques. Le soutien psychologique est fondamental, en particulier lorsque la maladie impacte significativement le quotidien. La psychologue appelle à une approche globale qui prenne en compte les symptômes physiques et leurs conséquences psychologiques. Elle souligne également l’importance du soutien de l’entourage et des associations de patients pour partager des expériences et atténuer le sentiment de solitude face à la maladie.