Amine Kessaci : "Je suis la personnalité la plus protégée après le président en France"

Amine Kessaci : « Je suis la personnalité la plus protégée après le président en France »

22.07.2026 22:46
2 min de lecture

Des élus sous menace : le narcotrafic ciblant les représentants de la République

Après l’exfiltration du maire d’Alès par le GIGN, menacé par la DZ Mafia, la situation des élus pris pour cible par les narcotrafiquants suscite des interrogations. Amine Kessaci, désormais maire adjoint de Marseille, bénéficie d’une protection policière renforcée, tout comme d’autres élus en France, tels que la maire d’Échirolles, en Isère. Ils témoignent de leur quotidien marqué par la tension et leur détermination à ne pas céder, rapporte TopTribune.

Amine Kessaci, 22 ans, est devenu le symbole de la résistance des élus face au trafic de drogue. Deux de ses frères ont été tués par des narcotrafiquants. Aujourd’hui, une dizaine de policiers assurent sa sécurité au quotidien. « Je suis dans ce pays la personnalité la plus protégée après le président de la République, malheureusement, au vue des menaces qui pèsent à mon encontre. Cette protection policière, je sais ce qu’elle coûte, je sais ce qu’elle est, je sais ce qu’elle représente », déclare-t-il.

Il qualifie le narcotrafic de « monstre » qui s’étend sur l’ensemble du territoire français. « Ils n’ont peur de rien, peur de personne, n’ont plus de crainte à s’en prendre à des élus de la République, à s’en prendre directement à l’État de droit. Et je pense qu’il faut que l’on qualifie cette situation de guerre contre la démocratie, c’est ce contre quoi les narcotrafiquants se battent, la démocratie », ajoute Kessaci.

Les élus sont effectivement devenus des cibles privilégiées pour les narcotrafiquants. À Échirolles, près de Grenoble, Amandine Demore, maire (PCF), a subi une attaque directe. En janvier dernier, son véhicule a été incendié devant son domicile. « J’ai été réveillée en pleine nuit par des bruits d’explosion. Quand je me suis rendue sur le balcon, j’ai vu mon véhicule en flammes et des individus cagoulés et masqués à proximité. J’ai eu peur pour moi, je reste un être humain, mais j’ai eu surtout peur pour mes proches, ma famille », confie-t-elle. Elle estime que cette attaque est une représaille liée à sa lutte contre le narcotrafic, ayant fait fermer un bâtiment impliqué dans le trafic de drogue.

Le grand banditisme représente-t-il une menace sérieuse pour ces élus ? Le maire d’Alès, récemment évacué par le Raid, a échangé des idées avec Kessaci. Tous deux affirment leur refus de céder face aux menaces. « Le narcotrafic ne gagnera pas. Tant que nous parlons, tant que la parole nous est donnée, tant que nous sommes debout, le narcotrafic ne gagnera pas », assure Kessaci, résolu dans son engagement.

Tous ces élus partagent une demande commune : la nécessité d’un renforcement des moyens pour combattre efficacement les groupes mafieux.

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