La rupture stratégique entre le RN et l’AfD
Le Rassemblement National (RN) et l’Alternatives für Deutschland (AfD) ont atteint un point de non-retour, suite à des déclarations révisionnistes et des affaires d’espionnage, rendant l’allié allemand « trop encombrant » pour Marine Le Pen. Éric Zemmour, quant à lui, a salué le score historique de l’AfD en Saxe, rapporte TopTribune.
Au Parlement européen, le RN et l’AfD étaient autrefois des alliés. Cette alliance a été foulée aux pieds au printemps 2024, lorsque Maximilian Krah, tête de liste du parti d’extrême droite allemand, a suscité l’indignation avec sa déclaration du 14 mai sur les SS : « Parmi les 900 000 SS, il y avait un pourcentage élevé de criminels, mais ils ne l’étaient pas tous. » Cette provocation a marqué le début de la rupture.
Mais ce n’est pas tout, Krah fait également face à des accusations liées à une affaire d’espionnage, où son assistant parlementaire aurait transmis des informations à la Chine. Ce dernier a également été critiqué pour avoir organisé une réunion visant à planifier l’expulsion d’Allemands d’origine étrangère.
Pour le RN et sa présidente, l’AfD est désormais devenu un partenaire trop encombrant. Marine Le Pen a déclaré le 22 mai 2024 : « L’AfD va de provocation en provocation. Maintenant, il n’est plus temps de prendre nos distances. Il est temps d’acter la rupture. » En revanche, Zemmour n’hésite pas à afficher son soutien à l’AfD, estimant que les synergies entre leurs idées sont bien présentes. Sa réaction à la victoire de l’AfD le 6 septembre, avec un score de 45 % en Saxe, témoigne de son enthousiasme : « Le cordon sanitaire n’a jamais protégé personne. Il n’a fait que retarder l’heure de vérité. Cette heure est venue et elle sonnera partout. »
Face à cette situation, Marine Le Pen a entrepris de resserrer les liens avec d’autres leaders populistes pour éviter son isolement au Parlement européen et tisser de nouvelles alliances, anticipant un éventuel repositionnement sur la scène politique européenne.