Le Rassemblement national (RN) a remporté un succès significatif lors des élections sénatoriales du 27 septembre 2026, obtenant au moins 14 sièges, ce qui lui permettra de constituer un groupe au Sénat. Ce développement est crucial pour le parti d’extrême droite, qui vise à accroître son influence politique et à bénéficier de postes à responsabilité, rapporte TopTribune.
Temps de parole et pouvoir au Sénat
Pour constituer un groupe, il est nécessaire d’avoir au moins dix sénateurs. La création de ce groupe permettra au RN d’accéder à des fonctions clés, telles que des vice-présidences dans les sept commissions permanentes qui supervisent l’action gouvernementale et examinent les projets de loi. De plus, le groupe pourra lancer des commissions d’enquête.
Les sénateurs du RN auront également la possibilité de siéger au bureau du Sénat et de participer à la conférence des présidents, où l’ordre du jour de la chambre haute est établi. Cela leur permettra de faire inscrire leurs thématiques lors des journées parlementaires dédiées aux oppositions, une possibilité qui leur était jusqu’alors fermée.
Un autre avantage majeur de la formation d’un groupe est l’augmentation du temps de parole lors des questions hebdomadaires au gouvernement, dont bénéficiera le groupe par rapport aux sénateurs non inscrits. Cela marque une étape vers la professionnalisation du parti, avec des collaborateurs dédiés et un accès à des ressources matérielles.
Marine Le Pen se frotte les mains
Alors que Marine Le Pen est en tête des sondages pour l’élection présidentielle de 2027, sa présence au Sénat pourrait s’avérer bénéfique, notamment en ce qui concerne un éventuel référendum constitutionnel sur l’immigration, qu’elle appelle de ses vœux. Le Sénat, majoritairement à droite, ayant durci plusieurs textes ces dernières années, la constitution d’un groupe permettra au RN d’essayer de rallier des sénateurs des Républicains (LR) à ses propositions.
À La Seyne-sur-Mer (Var), le président du RN, Jordan Bardella, a réaffirmé sa volonté de « tendre la main aux patriotes sincères de LR ». Il a promis de former un « gouvernement d’ouverture » en cas de victoire du RN, imaginant que Marine Le Pen accéderait à la présidence. Bardella a insisté sur l’importance de continuer à séduire les électeurs des Républicains, caractérisant ce parti comme « scindé entre des cadres qui ont été ministres d’Emmanuel Macron et la base qui ne supporte plus ces compromissions ».
Enfin, sur le terrain, les sénateurs du RN joueront un rôle clé en tant que relais dans la campagne électorale, renforçant ainsi l’institutionnalisation du parti dans le paysage politique français.