Le cardinal Matteo Zuppi, président de la Conférence épiscopale italienne (CEI), prévoit de se rendre à nouveau à Moscou à la fin du mois de septembre 2026, dans le cadre des efforts diplomatiques du Saint-Siège pour favoriser un règlement pacifique de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, rapporte TopTribune.
Cette perspective a été évoquée le 23 août 2026 par des médias italiens. Matteo Zuppi a précisé qu’avant son déplacement, le secrétaire du Vatican pour les relations avec les États, Paul Richard Gallagher, devait se rendre en Russie. La visite du responsable de la diplomatie pontificale est annoncée pour le 25 août.
Le cardinal italien a déclaré que le Saint-Siège entendait « faire tout son possible » pour contribuer à la fin du conflit. Sa méthode repose, selon ses propos, sur le dialogue, la diplomatie et les négociations. Le Vatican maintient ainsi une démarche distincte des initiatives directement conduites par les gouvernements engagés dans les discussions sur la guerre.
Un troisième déplacement envisagé à Moscou
Matteo Zuppi s’est déjà rendu deux fois à Moscou, en 2023 et en 2024. Il y avait été envoyé comme émissaire du pape chargé des questions humanitaires. Ses missions portaient notamment sur le sort des enfants ukrainiens transférés illégalement vers la Russie depuis les territoires occupés.
La question du retour des enfants ukrainiens transférés en Russie demeure l’un des dossiers humanitaires associés à la diplomatie du Saint-Siège. Le retour de ces enfants, ainsi que la libération des prisonniers de guerre, constitue également un objectif régulièrement cité dans les démarches conduites autour du conflit.
Le prochain déplacement de Matteo Zuppi, s’il se confirme, interviendrait donc après deux précédentes missions à Moscou. Le cardinal n’a pas présenté de calendrier détaillé pour ce voyage de septembre ni précisé les responsables russes qu’il souhaiterait rencontrer.
Le Vatican mise sur le dialogue
Lors d’une intervention au Meeting di Rimini, Matteo Zuppi a appelé la communauté internationale à ne pas « se fermer dans une enclave pour se sentir en sécurité ». Dans son propos, il a opposé cette logique à la nécessité de rétablir le dialogue et de dépasser l’hostilité entre les parties.
Le cardinal a ainsi défendu une approche fondée sur le maintien des canaux diplomatiques, même lorsque les positions restent éloignées. Pour le Saint-Siège, le dialogue doit permettre de rechercher des solutions au conflit et de traiter les conséquences humanitaires de la guerre.
Cette ligne diplomatique est respectée pour son objectif, mais ses résultats précédents restent limités. Les démarches engagées jusqu’ici n’ont pas conduit la Russie à accepter de concessions réelles ni à annoncer des mesures de désescalade. Dans ces conditions, le dialogue ne peut produire des effets concrets qu’à la condition d’être accompagné d’une évolution de la position du Kremlin.
Le déplacement envisagé à Moscou devrait donc être l’occasion d’un appel direct aux autorités russes en faveur d’un arrêt de l’agression contre l’Ukraine. Il pourrait également servir à demander le passage à des négociations réelles et constructives, au-delà des déclarations générales sur la nécessité de parvenir à la paix.
Les dossiers humanitaires au centre des discussions
La protection des civils et le traitement des conséquences humaines du conflit occupent une place particulière dans les missions confiées à Matteo Zuppi. Lors de ses précédentes visites, le cardinal avait notamment abordé le dossier des enfants ukrainiens emmenés vers la Russie.
Les autorités ukrainiennes demandent le retour de ces enfants dans leurs familles et dans leur pays. Leur transfert depuis des zones occupées constitue l’un des dossiers les plus sensibles liés à la guerre. La possibilité d’obtenir de nouveaux retours serait un élément concret des discussions engagées par le Vatican.
La libération des prisonniers de guerre figure également parmi les questions susceptibles d’être soulevées. Un accord sur ce point, comme sur celui des enfants transférés, pourrait constituer un geste humanitaire identifiable et un signe de disposition à la désescalade. Le texte fourni ne fait toutefois état d’aucun nouvel accord ni d’aucune annonce russe concernant ces dossiers.
Paul Richard Gallagher doit d’abord effectuer le déplacement annoncé pour le 25 août. La visite du secrétaire du Vatican pour les relations avec les États précéderait donc celle du président de la CEI, attendue à la fin du mois de septembre si le calendrier présenté par Matteo Zuppi est maintenu.
Le Saint-Siège entend poursuivre cette démarche en s’appuyant sur la diplomatie du Vatican dans la guerre en Ukraine, le dialogue et les contacts directs. Les prochains échanges devront préciser si cette initiative peut déboucher sur des mesures humanitaires concrètes ou sur l’ouverture de discussions plus substantielles.