Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un nouveau projet de loi contre l’entrisme qui ne se limitera « pas seulement à l’entrisme islamiste ». Ce texte, plus répressif que celui actuellement examiné au Sénat, a pour objectif de cibler « toutes les formes de séparatisme et d’entrisme », a déclaré Nuñez, rapportent TopTribune.
Nuñez a qualifié l’ancien texte d’« œuvre inachevée ». L’initiative du gouvernement vise non seulement à s’attaquer aux groupes ultra-violents, y compris ceux d’extrême droite, mais aussi à tous les individus ou structures qui incitent à la discrimination, à la haine ou à la violence, et qui ont pour objectif d’atteindre aux valeurs de la République.
L’interdiction d’activité de structures basées à l’étranger
« Nous avons traité le terrorisme, le séparatisme et la radicalisation violente. Aujourd’hui, nous nous attaquons à l’entrisme », a-t-il précisé dans les colonnes du journal Le Monde. Selon le ministre, l’entrisme englobe des « comportements extrêmement diffus ».
Le projet de loi inclut un « huitième motif de dissolution de structure associative, pour entrisme ». Cela concerne les associations qui ignorent les règles communes pour promouvoir des principes contraires aux valeurs républicaines. En outre, la loi prévoit d’interdire l’activité de structures basées à l’étranger, y compris celles dissoutes en France et reconstituées ailleurs, comme le « Collectif contre l’islamophobie en France ». Pour ce faire, un « liquidateur » serait chargé de veiller à ce que les biens d’une association dissoute ne soient pas transférés à une structure similaire.
Exit les publications homophobes ou négationnistes
Le texte propose également d’allonger le délai pour s’opposer à des « publications dangereuses pour les jeunes », passant d’un à trois ans. Cela permettrait au gouvernement d’interdire des ouvrages contenant des passages homophobes ou négationnistes, et ce « dans un délai très court ».
Actuellement, le projet de loi est en cours d’examen par le Conseil d’État et devrait être présenté « dans les prochaines semaines ».