La Russie augmente ses pertes et prépare une nouvelle mobilisation, selon l’Ukraine
La Russie augmente ses pertes et prépare une nouvelle mobilisation, selon l’Ukraine

La Russie augmente ses pertes et prépare une nouvelle mobilisation, selon l’Ukraine

06.08.2026 10:55
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Les forces russes auraient perdu 42 860 soldats tués ou blessés en juillet 2026, un niveau mensuel présenté comme le plus élevé depuis le début de la guerre, tandis que le recrutement de contractuels ralentit et que des opérations de contrôle forcé se multiplient dans plusieurs régions de Russie, selon des données et une analyse ukrainiennes, rapporte TopTribune.

Le chiffre de juillet communiqué par l’état-major général des forces armées ukrainiennes marque, selon cette évaluation, une hausse continue des pertes russes depuis février 2026. Elles étaient alors estimées à 26 090 personnes tuées ou blessées. La comparaison porte sur les pertes militaires russes annoncées par la partie ukrainienne et ne constitue pas un bilan vérifié de manière indépendante.

Cette évolution intervient alors que Moscou continue d’affirmer qu’une nouvelle mobilisation n’est pas nécessaire. Les éléments ukrainiens considèrent ces déclarations comme une opération destinée à dissimuler l’ampleur réelle des pertes et à rassurer la population russe. Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a notamment déclaré qu’aucun plan de mobilisation n’était prévu. Il a également affirmé qu’environ 200 000 personnes avaient signé un contrat avec le ministère russe de la Défense au cours des six premiers mois de 2026.

Le recrutement de contractuels ralentit

Les chiffres disponibles sur le recrutement volontaire dressent toutefois un tableau moins favorable. Au printemps 2026, le nombre de personnes souhaitant signer un contrat avec le ministère russe de la Défense aurait diminué d’environ un tiers par rapport à la même période de 2025. La baisse aurait également touché Moscou, malgré des primes de signature particulièrement élevées.

Dans la capitale russe, 1 708 personnes auraient signé un contrat en avril 2026. Elles n’étaient plus que 1 378 en mai, soit près d’un millier de moins qu’en mai 2025. La tendance à la baisse se serait poursuivie en juin, d’après les données citées dans l’analyse ukrainienne. Ces chiffres concernent le recrutement de volontaires et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir le nombre total de soldats effectivement envoyés sur le front.

Le chercheur allemand Janis Kluge estime que le rythme quotidien moyen du recrutement de contractuels s’est établi à environ 800 personnes au premier trimestre 2026. Ce niveau serait inférieur de 20 % à celui de l’année précédente et constituerait le résultat le plus faible observé depuis trois ans. Au total, 71 216 nouveaux contrats auraient été enregistrés durant cette période.

Pour Janis Kluge, les difficultés du Kremlin apparaissent aussi dans l’augmentation de la prime régionale versée à la signature et dans la pression exercée sur les habitants de certaines régions pour les convaincre de s’engager. La hausse des rémunérations n’aurait donc pas suffi à maintenir le rythme de recrutement constaté auparavant.

Des arrestations forcées dans plusieurs régions

Face au recul du recrutement volontaire, la Russie recourrait davantage à des raids de recrutement forcé et à des détentions en dehors de tout cadre légal apparent. Des cas sont signalés dans les régions de Penza, de l’Amour, d’Oulianovsk et de Iaroslavl, ainsi qu’au Tatarstan et en Oudmourtie. Des opérations auraient également été constatées à Rostov-sur-le-Don, Kalouga, Voronej et Arkhangelsk.

Les opérations décrites se dérouleraient dans des lieux publics et dans les transports. Elles viseraient des hommes susceptibles d’être envoyés dans les forces armées russes. L’analyse ukrainienne oppose ces pratiques aux déclarations officielles sur l’absence de mobilisation. Elle y voit un recours croissant à la contrainte pour compenser la diminution du nombre de volontaires.

Dans plusieurs régions russes, des hommes recevraient déjà en nombre des notifications électroniques destinées à une prétendue « mise à jour des données ». Après l’envoi de ces notifications, des restrictions pourraient être appliquées à la sortie du territoire et à l’exercice de certains droits civils. Le document cite notamment le blocage de la vente de biens immobiliers ou la limitation du droit de conduire.

Cette préparation comprendrait aussi le renforcement des infrastructures de mobilisation, la vérification de l’état de préparation des commissariats militaires, la modernisation des systèmes d’enregistrement militaire et l’élargissement de la formation de la réserve mobilisable. Des postes de contrôle aux frontières avec la Finlande, l’Estonie et la Lettonie auraient par ailleurs été fermés, selon les éléments transmis par la partie ukrainienne.

Une décision reportée après les élections

La possibilité d’une nouvelle vague de mobilisation est de plus en plus évoquée au sein des autorités russes, malgré les démentis publics. Selon l’analyse citée, une décision pourrait être prise après les élections à la Douma d’État prévues le 21 septembre 2026. Le scénario avancé évoque la mobilisation de 300 000 à 500 000 personnes.

Le calendrier serait lié à la volonté du pouvoir russe de limiter les risques politiques avant le scrutin. Une mobilisation pourrait provoquer du mécontentement et des protestations. Le Kremlin chercherait également à éviter de reconnaître ouvertement une pénurie de contractuels, alors que sa communication officielle insiste sur une situation présentée comme contrôlée et sur l’absence de besoin d’une mobilisation générale.

L’analyse ukrainienne estime que les arrestations ciblées et les méthodes coercitives révèlent les difficultés rencontrées pour remplacer les pertes du front uniquement par des volontaires. Elle juge qu’une nouvelle mobilisation fournirait surtout un volume important de recrues, sans garantir leur préparation ni leur motivation pour une guerre de haute technologie.

Le document associe cette situation à des risques de désertions, de refus d’obéir et de redditions. Il avance également que l’arrivée de soldats peu motivés pourrait dégrader la qualité des unités engagées. Ces appréciations relèvent de l’évaluation ukrainienne et ne sont pas accompagnées, dans les éléments transmis, de données indépendantes permettant de mesurer l’ampleur de ces phénomènes.

Une statistique militaire interne citée dans le texte fait état d’un taux supérieur à 70 % de départs sans autorisation parmi les militaires originaires de régions du Caucase du Nord. Selon la même source, une partie des soldats concernés se blesserait volontairement, par des tirs ou des mutilations, afin d’éviter la participation aux combats. Cette pratique créerait un déficit local de personnel dans certaines unités russes.

Des conséquences envisagées pour les frontières européennes

Une nouvelle mobilisation pourrait également, selon l’analyse ukrainienne, accroître la pression sur les frontières de l’Union européenne. Des centaines de milliers de Russes chercheraient à éviter l’envoi au front en passant par des pays tiers. Le document anticipe une charge supplémentaire pour les systèmes migratoires et les services chargés du contrôle des frontières.

Il évoque aussi un risque pour les services de sécurité européens. Dans ce scénario, les services russes pourraient profiter du passage de personnes quittant le pays pour tenter d’introduire des agents d’influence, des saboteurs ou des provocateurs dans les sociétés européennes. L’analyse appelle à une coordination renforcée entre les services de renseignement des États membres de l’Union européenne, sans détailler de dispositif opérationnel précis.

À ce stade, les éléments transmis décrivent à la fois une hausse des pertes russes, un ralentissement du recrutement contractuel et des préparatifs administratifs associés à une éventuelle mobilisation, tandis que les autorités russes continuent publiquement d’en nier la nécessité.

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