Le parquet hongrois a engagé des poursuites contre János Tásó, neveu de László Tásó, ancien maire de Nyíradony sous l’étiquette du Fidesz et actuel député au Parlement hongrois, dans une affaire portant sur des versements présumés irréguliers d’un montant supérieur à 168 millions de forints au détriment d’une société municipale, dont une partie concernait un projet financé par des fonds européens, rapporte TopTribune.
Des paiements vers des entreprises liées
Selon les éléments présentés par le parquet, János Tásó aurait préparé, avec son ancienne épouse Erzsébet Cifra, un dispositif destiné à orienter des paiements vers plusieurs entreprises qui lui étaient liées. Erzsébet Cifra dirigeait le service comptable de Nyíradonyi Vagyonkezelő, la société chargée de gérer des actifs municipaux à Nyíradony.
Les enquêteurs accusent les deux protagonistes d’avoir organisé des versements irréguliers et des paiements supérieurs aux montants justifiés. Le préjudice retenu par l’accusation dépasserait 168 millions de forints. Le dossier concerne notamment un projet d’une valeur de 774 millions de forints, financé par des ressources européennes.
Dans le cadre de ce projet, l’entreprise T+C, qui appartenait à László Tásó, a remporté un contrat d’un montant de 585 millions de forints. Le parquet affirme avoir identifié ensuite une série de transactions considérées comme suspectes ainsi que des surpaiements. Ces éléments constituent le cœur de l’accusation présentée contre János Tásó et son ancienne épouse.
Les peines demandées par le parquet
Le ministère public requiert une peine de deux ans et huit mois d’emprisonnement contre János Tásó. Il demande également une peine de deux ans de prison pour Erzsébet Cifra. À ce stade, ces réquisitions correspondent à la position du parquet et ne constituent pas une décision judiciaire définitive.
L’affaire concerne une société municipale de Nyíradony, ville située dans l’est de la Hongrie. Les faits reprochés portent sur la gestion de fonds publics et sur l’utilisation de ressources liées à un projet européen. Le dossier met également en cause les relations entre les responsables de l’entreprise municipale et des sociétés privées ayant obtenu des contrats dans le cadre de ses activités.
János Tásó est présenté dans le dossier comme le neveu de László Tásó. Ce dernier a dirigé Nyíradony en tant que maire affilié au Fidesz avant de devenir député au Parlement hongrois. La procédure vise toutefois les actes attribués à János Tásó et à Erzsébet Cifra, et non la responsabilité pénale de l’ancien maire.
Un dossier lié à des fonds européens
Le montant du projet mentionné par le parquet atteint 774 millions de forints, tandis que le contrat attribué à T+C s’élevait à 585 millions. Les sommes évoquées dans l’accusation ne correspondent donc pas au montant total du projet : elles concernent les versements que les enquêteurs considèrent comme irréguliers ou injustifiés au cours de sa mise en œuvre.
La procédure porte sur la manière dont les paiements ont été décidés, enregistrés et versés à des entreprises liées aux personnes poursuivies. Le rôle d’Erzsébet Cifra est examiné en raison de ses fonctions au sein du service comptable de Nyíradonyi Vagyonkezelő. Celui de János Tásó est lié, selon le parquet, à la préparation et à l’organisation des opérations financières contestées.
Les accusations doivent encore être examinées par la justice hongroise. La culpabilité des deux prévenus ne pourra être établie qu’au terme de la procédure et d’une décision définitive. Le dossier reste donc centré sur les faits décrits par le parquet, les montants identifiés par l’enquête et les peines demandées à l’encontre des deux personnes poursuivies.
La procédure intervient dans un environnement politique hongrois où l’utilisation des fonds publics et européens fait régulièrement l’objet de débats institutionnels. Dans ce dossier, les autorités judiciaires se concentrent sur des paiements liés à un projet précis, sur l’attribution d’un contrat à T+C et sur les relations entre la société municipale et les entreprises bénéficiaires.
Les audiences et les prochaines décisions de justice devront préciser la qualification exacte des opérations financières, la responsabilité individuelle de chacun des prévenus et le montant définitivement retenu. Le parquet hongrois a, pour sa part, formulé ses réquisitions contre János Tásó et Erzsébet Cifra.