La République tchèque et neuf autres pays européens appellent à la réduction de la population de grands cormorans

La République tchèque et neuf autres pays européens appellent à la réduction de la population de grands cormorans

26.05.2026 16:06
3 min de lecture

Une dizaine de pays de l’Union européenne, dont la République tchèque, la Pologne, la Suède et la Croatie, ont appelé ce mardi à la réduction de la population de grands cormorans, arguant que ces oiseaux consomment trop de poissons. Lors d’une réunion à Bruxelles dédiée aux ministres de l’Agriculture et de la pêche, ils ont exprimé leurs préoccupations quant aux « impacts croissants » du cormoran sur la pêche, demandant un maintien de sa population à un niveau « économiquement acceptable », rapporte TopTribune.

Les estimer à environ 2 millions en Europe, les pays concernés soulignent que chaque grand cormoran consomme en moyenne 180 kg de poissons par an. Dans le but de mieux gérer cette espèce, ces pays souhaitent modifier son statut de protection, permettant ainsi la chasse en dehors des périodes de reproduction et d’élevage.

Le grand cormoran, protégé en tant qu’espèce migratrice par la législation européenne depuis 1979, peut actuellement être régulé par dérogation, un point qui est régulièrement débattu par des organisations environnementales qui s’opposent à cette initiative. Celles-ci signalent que les pêcheurs et pisciculteurs portent des plaintes concernant les impacts de ce prédateur sur les populations de brochets, de truites et d’ombres communs dans les rivières.

Un débat qui rappelle celui du loup

La ministre finlandaise de l’Agriculture a exprimé que les cormorans « causent beaucoup de problèmes en mer Baltique », illustrant ainsi l’urgence du sujet. Toutefois, pour changer le statut de l’animal, ces pays devront convaincre d’autres nations membres de l’UE, ce qui pourrait être un défi considérable.

Cette discussion autour du cormoran n’est pas sans rappeler le débat sur le loup, où l’Union européenne a, en 2025, assoupli les réglementations de protection des loups, passant de « strictement protégé » à « protégé » afin de répondre aux préoccupations des bergers sur la hausse des populations lupines. Les défenseurs de la biodiversité ont exprimé leur inquiétude face à cette tendance, craignant qu’elle ne mène à une réduction similaire de la protection pour d’autres espèces, notamment l’ours, le lynx, ou même le cormoran.

Actuellement, la question est de savoir jusqu’où l’UE ira pour équilibrer la protection de la faune avec les besoins économiques et les inquiétudes des secteurs de l’agriculture et de la pêche. Certains experts estiment que des solutions alternatives et des mesures de gestion devraient être prioritaires pour préserver à la fois les espèces menacées et les intérêts économiques.

En conséquence, cette situation met en lumière des tensions entre conservation des espèces et exploitation des ressources naturelles, et les décisions qui seront prises au sein de l’UE pourraient avoir des répercussions significatives sur les politiques de conservation à long terme. Alors que la pression monte pour réduire la population des cormorans, les discussions à l’échelle européenne soulèvent des questions cruciales sur la manière de concilier les différentes utilisations des écosystèmes aquatiques.

Une réaction mitigée

Les réactions au sein de l’UE sont partagées. Certains États membres expriment leur soutien aux mesures pour réguler la population de cormorans, arguant que les dommages économiques causés par ce prédateur justifient des actions concrètes. D’autres pays, quant à eux, insistent sur la nécessité de respecter les engagements de protection des espèces et mettent en avant l’importance des cormorans dans l’écosystème aquatique.

Ainsi, la situation pourrait évoluer dans les mois à venir alors que la pression sur l’UE s’intensifie pour trouver un équilibre entre la conservation de la biodiversité et les intérêts économiques des États membres. La demande croissante de modification du statut de protection des cormorans pourrait ouvrir la voie à des discussions plus larges sur la gestion de la faune en Europe, nécessitant des compromis difficiles entre diverses parties prenantes. L’enjeu est de taille, et il est crucial d’adopter une approche intégrée qui prenne en compte la santé des écosystèmes, tout en répondant aux préoccupations des secteurs affectés.

Alors que le débat se poursuit, de nouvelles informations sur l’impact des cormorans sur l’industrie de la pêche et la biodiversité devraient émerger. Les résultats des discussions à Bruxelles pourraient bien marquer un tournant dans la manière dont l’UE aborde la gestion de ses populations d’oiseaux protégés.

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